Réussir porc 19 janvier 2018 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Castration, le point sur le terrain

La production généralisée de mâles entiers n’est pas encore à l’ordre du jour, même si des solutions existent pour ne plus castrer les porcelets ou pour prendre en charge la douleur à la castration.

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- © D. Poilvet

En 2010, une déclaration européenne signée par les acteurs des filières porcines, des scientifiques, des vétérinaires et certaines ONG de protection animale, fixait un objectif d’abandon de la castration chirurgicale des porcs à partir du 1er janvier 2018, à condition d’avoir instauré les conditions permettant la production de mâles entiers. Aujourd’hui, les experts européens qui travaillent sur ce sujet sont formels : "La date butoir du 1er janvier 2018 ne pourra pas être respectée". Le principal obstacle à cette résolution est l’absence de méthode de détection rapide de l’odeur de verrat fiable, industrielle et reconnue par tous, malgré les programmes de recherche mis en œuvre dans les principaux pays de production, dont la France. Des alternatives existent, comme le nez humain utilisé dans les abattoirs de Cooperl Arc Atlantique. Mais cette technique nécessite une organisation de filière rigoureuse afin de maîtriser à la fois les facteurs de risque en amont (génétique, alimentation, conduite d’élevage, et en aval (destinée des carcasses odorantes), ce qui la rend inaccessible à beaucoup d’opérateurs français et européens. La castration par voie vaccinale a fait quelques adeptes dans l’Est de la France, mais elle reste très marginale. "Éleveurs et abatteurs avaient pris la décision dès 2010 de ne pas utiliser ce produit, par crainte d’une mauvaise image auprès des consommateurs", rappelle Jean Pierre Simon, le président de la commission bien-être à l’UGPVB. À défaut de pouvoir produire des mâles entiers, beaucoup de pays européens se sont engagés dans la prise en charge de la douleur à la castration. La Suisse a systématisé l’anesthésie générale par inhalation.

La date butoir du 1er janvier 2018 ne pourra pas être respectée

Une décision qui semble avoir mis fin au débat sur cet aspect du bien-être animal, mais qui a pour inconvénients d’être chronophage, onéreux et peu fiable. La Suède, la Norvège et le Danemark ont systématisé l’association d’un analgésique et d’une anesthésie locale. Un compromis jugé pratique, qui minimise les risques pour les opérateurs et limite le stress pour l'animal. Ces pays seront sans doute bientôt imités par la France, à la recherche d’une solution transitoire en attendant la mise au point d’une méthode reconnue de détection des odeurs de verrat.

- © Christophe Reibel

Pour en savoir plus

Voir dossier Réussir Porc de décembre 2017. RP n°254, p. 14 à 24.

Au sommaire :

p. 16 - Vers un protocole analgésie + anesthésie locale - Organisation sanitaire porc Bretagne

p. 18 - Des mâles entiers élevés sans stress - Cooperl Arc Atlantique

p. 20 - Nucléus sélectionne les verrats Ino - Génétique

p. 22 - En Suisse, pas d'alternative à l'anesthésie générale - Depuis janvier 2010

p. 24 - Simple comme deux injections - Castration par voie vaccinale

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