Réussir porc 23 décembre 2013 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Cirhyo-Tradival, la nouvelle filière porc hors Grand Ouest

En s’impliquant dans l’abattage-découpe avec la société Tradival, le groupement Cirhyo veut maintenir des outils d’aval performants à proximité de ses producteurs.

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Les deux abattoirs de Tradival abattent 22 000 porcs par semaine, un nombre identique à la production du groupement Cirhyo.
Les deux abattoirs de Tradival abattent 22 000 porcs par semaine, un nombre identique à la production du groupement Cirhyo. - © Cirhyo-Tradival

La fusion entre les deux groupements Cirhyo et Copalice annoncée au début de l’année (voir Réussir Porc de juin 2013, page 14) n’est qu’une étape supplémentaire de la constitution d’une nouvelle filière porcine qui regroupe une bonne partie des éleveurs du Centre et de l’Est de la France. Avec 660 éleveurs et 1,2 million de porcs commercialisés chaque année, Cirhyo s’affiche comme le groupement le plus important en taille hors Bretagne. Depuis 2002, il s’implique dans l’aval, avec dans un premier temps une prise de participation dans la société Forez Porc, détentrice d’un abattoir à Lapalisse dans l’Allier. « Notre objectif était de maintenir des outils d’abattage et de découpe à proximité de nos élevages », indique Françis Lebas, président du groupement. À cette époque, les dirigeants de MC Porc, devenu Cirhyo lors de la fusion avec la Scapp en 2009, estimaient que peu d’abattoirs possédaient une taille critique suffisante pour pérenniser leur activité. « Les faits nous ont donné raison, puisque à part nous, la plupart des abatteurs importants de la région n’existent plus. Si nous n’avions pas investi dans cet outil, nos porcs iraient se faire abattre en Bretagne, ce qui aurait constitué un non-sens économique. » Cette stratégie se poursuit en 2008 avec la fusion des activités de Forez Porc et d’Orléans Viandes, pour donner naissance à la société Tradival, dont Cirhyo détient 28 % des parts. Avec 22 000 porcs par semaine, Tradival abat aujourd’hui le même nombre de porcs que produit le groupement. « Cette cohérence entre la production et l’abattage est indispensable pour optimiser l’activité des deux secteurs et éviter un décalage entre les volumes produits et abattus », affirme Gérard Dutois, le directeur de Cirhyo.


Améliorer la productivité des outils


En parallèle, des investissements importants ont été faits pour améliorer la productivité des outils. « Nous avons spécialisé l’outil industriel d’Orléans Viandes à Fleury-les-Aubrais en arrêtant les abattages de coches et de gros bovins », précise Jean Philip, directeur de Tradival. « Et en y investissant près de dix millions d’euros depuis 2008, nous en avons fait un outil performant. »
Aujourd’hui, chacun des deux abattoirs abat 11 000 porcs par semaine. Lapalisse découpe 90 % des carcasses, Fleury-les-Aubrais 75 %. Tradival dispose aussi de deux usines de produits élaborés, qui valorisent 10 % du tonnage. « Cette activité va améliorer considérablement le résultat de 2013 », souligne Jean Philip. Car, comme les poids lourds bretons, Tradival souffre de la baisse de rentabilité du secteur d’abattage-découpe depuis 2008. « Nous devons saturer les outils pour abaisser les coûts de production », explique-t-il. Il manque encore 1 000 porcs par semaine pour arriver à cet objectif. « C’est pourquoi Cirhyo mène une stratégie de développement important des élevages, et de création de maternités collectives », justifie Gérard Dutois. Tradival bénéficie de la proximité de ses implantations industrielles avec les grands bassins de consommation parisiens et lyonnais, pour se positionner avantageusement vis-à-vis de ses concurrents. « Nous communiquons aussi sur la qualité d’approvisionnement de notre filière amont constituée d’élevages durables qui bénéficient d’un fort lien au sol », complète Jean Philip, qui peut également compter sur une production à 80 % sous signe de qualité : CCP, label rouge Délice (1500 porcs par semaine), agriculture biologique (400 porcs par semaine)… Et sur un groupement qui mise sur son dynamisme et sur celui de ses éleveurs pour augmenter le nombre de porcs produits. « Une condition essentielle pour pérenniser notre filière », conclut Gérard Dutois.

- © Infographie Réussir

Les outils Tradival sont implantés dans la zone Cirhyo

Groupe Tradival
• Fleury-les-Aubrais (près d’Orléans, Loiret) : Abattoir (11 000 porcs/semaine), découpe et produits élaborés (UVCI, charcuterie)
• Lapalisse (Allier) : Abattoir (11 000 porcs/semaine) et découpe
• Saint-Etienne (Loire) : Produits élaborés (UVCI, charcuterie…)
• 100 000 tonnes de viandes commercialisées par an (VPF, label rouge, agriculture biologique, porc certifié)
• 25 % du tonnage est exporté (Europe, Pays de l’Est, Corée, Japon, Afrique du Sud)
• 10 000 tonnes sont transformées en produits élaborés
• Chiffre d’affaire : 220 millions d’euros/an
• 680 salariés
• Les principaux actionnaires : Cirhyo (28 %), Sicarev (groupe régional multi-espèces, 54 %).


Groupement Cirhyo
• Siège : Montluçon (Allier)
• 660 éleveurs
• 65 000 truies
• 1,2 million de porcs charcutiers par an (22 000/semaine)
• 65 salariés

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