Réussir porc 30 janvier 2012 à 14h02 | Par D.Poilvet

Congrès du porc à Bonn - La production mondiale va poursuivre sa croissance

Le Congrès mondial du porc qui s’est tenu en octobre à Bonn, en Allemagne, a mis en lumière la demande croissante de viande de porc pour les années à venir, et les challenges à relever pour la satisfaire.

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À l’horizon 2020, la production porcine mondiale va poursuivre sa croissance, toujours dominée par la Chine qui produira encore près d’un porc sur deux. Cette prévision, certes pas très nouvelle, a été affirmée par plusieurs intervenants au 6e Congrès mondial du porc qui s’est tenu à Bonn, Allemagne, en octobre dernier. Selon les statistiques de l’OCDE, la production mondiale de porc va s’accroître de 25 % entre 2008 et 2020, à comparer à +13% pour le bœuf et + 31 % pour la volaille. Cette augmentation de la production est évidemment liée à une demande croissante annoncée sur quasiment tous les continents. D’ici 2020, la consommation de viande devrait augmenter de 40 millions de tonnes, dont 33 % pour la Chine, et 60 % sous forme de volaille. Christophe Günter, BASF, prévoit pour sa part que la demande en viande de porc passera de 107 millions de tonnes en 2005 à 148 millions en 2025 et que le porc représentera 37 % de la viande consommée dans le monde. Richard Brown, expert au Gira, calcule que, en relation avec cette demande croissante, la production chinoise va passer de 50 à près de 60 millions de tonnes. Il prévoit que l’accroissement de cette production sera plus liée aux progrès techniques qu’à l’augmentation du cheptel.

Le vice-président de l’association chinoise des viandes, M. Zhu, a confirmé que le secteur porcin est particulièrement encouragé en Chine, pays où le porc est particulièrement prisé, et où le consommateur est en train de changer ses habitudes alimentaires.

DES OPPORTUNITÉS À SAISIR

Les experts réunis à Bonn ont analysé les opportunités mais aussi les challenges à relever dans ce contexte. Même si les USA bénéficieront toujours d’une meilleure compétitivité, l’Europe, en principe, devrait rester le 1er exportateur de viande de porc au monde, même si, finalement, les volumes échangés restent relativement faibles et stables. Mais l’Europe devra faire face à différentes problématiques ; Richard Brown met en garde les Européens sur « l’après PAC 2013 » et pointe les obstacles : une faible rentabilité des filières porcines depuis plusieurs années en relation avec des coûts alimentaires élevés, l’incertitude sur la capacité à produire après la mise aux normes des truies en 2013... et une production porcine en baisse de près de 4 % en 2012 annoncée par la Rabo- bank (contre une progression de + 3 % enChine et + 2% au Brésil).

Mais il cite aussi des éléments positifs, au moins pour le court terme. Selon lui, le prix du porc devrait se maintenir en Europe, en relation avec une baisse annoncée de production, et les performances techniques devraient toujours être en progrès.

Pour les dix années à venir, il faudra encore tenir compte de la concurrence qu’exercent les biocarburants sur les matières premières pour l’alimentation animale. C’est ce qu’annonce Jeroen Leffe- laar, de la Rabobank (Pays-Bas). Pour lui, la production de biocarburants qui ne tient aujourd’hui économiquement que par le soutien des gouvernements (à l’exception de ceux produits avec la canne à sucre) devrait être rentable sous dix ans. Avec des conséquences sur les disponibilités en soja pour l’alimentation animale, mais, en contrepartie, d’importants volumes de drèches (DDGS) et leur incorporation croissante dans l’alimentation animale. Il annonce que, d’une manière générale, il faudra composer avec le facteur « F », à savoir la compétition des matières premières pour le Feed, le Food et le Fuel... Une compétition qui sera d’autant plus vive que les surfaces agricoles par habitant ne cesseront de diminuer : urbanisation, changements climatiques, et une augmentation de la population mondiale estimée à 9 milliards en 2050... Autant de facteurs qui vont réduire la surface agricole disponible par habitant de la planète de 1,5 à environ 0,6 ha/habitant, selon la FAO.

NE PAS OCCULTER LES PROBLÈMES ACTUELS

Ces différentes interventions de prospective se sont achevées sur une session consacrée aux attentes des consommateurs et à la qualité. Entre les systèmes quasiment aboutis, tels que le QS (Qualité et sécurité) en Allemagne qui fête ses dix ans, et les progrès que doivent accomplir les Chinois pour atteindre un niveau acceptable (et demandé par leurs consommateurs), le fossé est énorme. Et Guillaume Roué, qui animait cette session, a saisi cette opportunité pour revendiquer dès aujourd’hui le respect des producteurs. « Oui au durable, oui à la qualité, oui au respect du bien-être des animaux, oui à la traçabilité, mais surtout oui au respect de tous ceux qui travaillent dur dans nos métiers et qui méritent d’être justement payé », a-t-il réclamé, justifiant sa position en énumérant les problèmes actuels : accumulation des exigences administratives, éléments perturbateurs des équilibres économiques des activités agricoles, harmonisation des réglementations sociales et fiscales dans le monde... Autant de sujets qui n’attendrons pas 2020 pour être traités.

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