Réussir porc 20 mars 2013 à 08h57 | Par D.Poilvet

Dac dynamique et raclage à plat pour 200 truies gestantes

La mise en place de racleurs dans les préfosses pour évacuer quotidiennement le lisier a nécessité une conception originale pour ce bâtiment gestante équipé de DAC en gestion dynamique.

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Pour Catherine, Michel et Jean-Baptiste Lemasson, et Pascal Préauchat, les quatre associés du Gaec du Lion d’Or à Trémeur (Côtes- d’Armor), la mise en groupe des truies gestantes passait obligatoirement par la création d’un nouveau bâtiment. « Nous tenions à installer des racleurs sous les caillebotis, d’une part pour avoir une ambiance optimale et sans émanations d’ammoniac dans le bâtiment, et d’autre part pour éviter la formation de croûtes sur le lisier », expliquaient les éleveurs, à l’occasion d’une rencontre technique organisée par leur groupement Porélia le 25 janvier dernier. « Ces croûtes se produisent souvent avec de l’aliment fabriqué à la ferme comme c’est le cas chez nous, et ce, même avec une dilution de quatre litres par kilo d’aliment », affirme Michel Lemasson. Le racleur à plat est conçu pour évacuer le lisier sans séparation de phase. « Nous avons une contrainte phosphore, mais la séparation de phase du seul lisier des truies gestantes n’aurait pas été suffisante. » Le choix des DAC a en revanche été le fruit d’une longue réflexion issue de plusieurs constats. « Les truies Topigs que nous utilisons nécessitent une conduite alimentaire précise pour éviter qu’elles n’engraissent ou ne maigrissent trop », explique Jean-Baptiste Lemasson. Par ailleurs, les éleveurs ne voulaient pas de réfectoires, qui nécessitent selon eux trop de tubulaires. Enfin, la conduite du troupeau en 21 bandes de 15 truies ne permettait pas de constituer suffisamment de lots de 6 ou 7 truies dans le cadre d’une conduite en cases avec bat-flancs. « De plus, la conception du bâtiment nous permet d’évoluer vers une conduite en 7 bandes de 46 truies, grâce à une aire de tri suffisamment dimensionnée et une verraterie de 46 places située dans la même salle. » Pour les 200 places gestantes, il a fallu installer quatre lignes de racleurs de 2,5 m de large, fonctionnant par deux en va-et-vient. «Pour cela, nous avons conçu un bâtiment pas trop large pour limiter le coût de la charpente, tout en étant suffisamment long pour optimiser le fonctionnement des racleurs », explique Stéphane Colin, technicien bâtiment Porélia. Du fait de cette longueur, les box de repos sur gisoir des truies se répartissent sur trois rangées, deux au milieu de la salle et une le long d’une cloison. Les quatre DAC installés en épi se situent le long du côté opposé. « Quand les truies sortent des DAC, elles sont obligées de faire un tour complet du bâtiment pour revenir aux entrées, une conception qui répond parfaitement au cahier des charges établi par Agid, qui a fourni le matériel », précise le technicien.

Deux mois après la mise en service du bâtiment, les éleveurs ne regrettent pas leur choix. « Grâce au raclage, l’ambiance est toujours excellente, même quand il a fait froid à l’extérieur. Les caillebotis et les gisoirs sont toujours secs », indique Catherine Lemasson. Il a fallu cependant conçevoir des préfosses non raclées aux deux extrémités des gisoirs situés au milieu du bâtiment, à l’endroit où les truies circulent. La verraterie, située dans la même salle, est également sur préfosse non raclée, les poteaux et poutrelles soutenant les caillebotis fonte empêchant le passage des racleurs. À la mise en route du bâtiment, les truies ont été incorporées bande par bande au fur et à mesure qu’elles étaient inséminées. « Nous interdisions l’accès des quatre DAC au reste du groupe, puis nous poussions tout simplement les truies de la nouvelle bande dans les alimentateurs », explique Jean-Baptiste Lemasson. Le lendemain, il fallait répéter l’opération pour environ 20 % d’entre elles qui n’avaient pas mangé. « Il n’y a pas eu de pertes dues aux bagarres », précise l’éleveur. Aujourd’hui, les truies sont incorporées sitôt les inséminations terminées. « Grâce au détecteur de chaleur, celles qui reviennent en chaleur sont systématiquement isolées dans l’aire de tri. De ce fait, nous n’avons pas encore eu une seule truie vide à l’échographie. » Mais de là à se passer de ce contrôle, il y a un pas que les éleveurs ne sont pas encore prêts à franchir.

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