Réussir porc 14 avril 2008 à 16h04 | Par C.Gérard

En assemblée générale à Paris - La FNP chiffre les distorsions de concurrence

Au cours de son assemblée générale qui a eu lieu le 26 mars à Paris, et en présence du ministre de l’agriculture, la FNP a exposé la liste des distorsions de concurrence qui pénalisent les éleveurs français, chiffres à l’appui.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Jean-Michel Serres, président de la FNP, a interpellé Michel Bernier, ministre de l'Agriculture, pour que la profession retrouve des conditions qui permettent de renouer avec la croissance.
Jean-Michel Serres, président de la FNP, a interpellé Michel Bernier, ministre de l'Agriculture, pour que la profession retrouve des conditions qui permettent de renouer avec la croissance. - © CG

Le fait que les éleveurs de porcs français subissent une distorsion de concurrence par rapport à leurs voisins européens est depuis longtemps dénoncé par la profession. Mais aujourd’hui, la FNP est en mesure d’en chiffrer l’impact grâce à une étude réalisée par l’Ifip, sur commande de l’interprofession. Michel Rieu, économiste à l’Ifip, en a présenté les premières conclusions au cours de l’assemblée générale de la FNP, à laquelle assistait Michel Barnier, ministre de l’agriculture.Même s’il prévient que « ces données ne peuvent pas être additionnées en l’état, et que les situations sont différentes entre les bassins », il détaille quatre secteurs qui pénalisent les producteurs français et qui expliquent la « panne de développement » de la production française depuis une dizaine d’année.

L’environnement, handicap majeur

- Les seuils d’autorisation sont les plus bas en France: 50 truies naisseur-engraisseur contre 250 truies dans la plupart des autres pays européens.

- Les dossiers d’autorisation sont plus fréquents, avec un coût élevé d’environ 15000 euros et une enquête publique. - Les contraintes en ZES interdisent l’extension des élevages. L’achat des droits à produire s’élève à 450 euros par truie. - Plusieurs pays bénéficient de dérogation quant aux 170 unités d’azote.

- Le traitement du lisier coûte quatre fois plus cher que l’épandage (8 à 10 centimes).

L'Allemagne bénéficie de main-d'oeuvre étrangère à bas coût

L'industrie de la viande allemande a ecours à l'emploi massif d'étrangers « en prestation de service » dont le coût horaire est sans commune mesure avec les coûts du travail en France. 60 % de la maind'oeuvre sans ces outils allemands est originaire de Pologne, Hongrie, Roumanie, Russie, Pays Baltes... l'impact est estimé à 5 cts par kilo de viande. C'est une des raisons qui font qu'aujourd'hui, l'Allemagne exporte deux fois plus que la France.

- © Ifip

Graisses animales et OGM dans l’aliment

En matière de graisses animales, la réglementation française est plus stricte que dans d’autres bassins européens : moins de graisses bovines utilisables, des graisses de monogastriques à purifier, des contrôles très stricts… L’impact économique est évalué à 0,6 cts/kg de carcasse auxquels il faut ajouter une perte de valorisation de ces graisses pour l’industrie des viandes. Concernant les OGM, au niveau de l’UE, les autorisations sont plus lentes qu’en dehors de l’UE. L’écart de prix d’un maïs USA par rapport à un maïs de l’UE est de 80 €/t en février 2008. L’accroissement de mise en cultures aux USA de variété de soja non encore autorisées en Europe est un risque de rupture dans les approvisionnements de soja en europe et particulièrement en France.

Et autres problèmes divers…

- Le financement plus long des investissements au Danemark abaisse leur prix d’équilibre de 5 à 8 cts.

- L’interdiction en France de charges au-delà de 40 tonnes, contre 44 tonnes dans d’autres pays, augmente les charges de transport des animaux, de l’aliment… ayant un impact d’environ 25 cts par porc.

- Le dispositif français de l’équarrissage est cher.

Jean-Michel Serres, fort de ces données, a donc interpellé le ministre de l’Agriculture pour que la profession retrouve des conditions qui lui permettent de renouer avec la croissance. Il rappelle que, depuis dix ans, la production française est en panne alors qu’elle progresse fortement en Espagne et en Allemagne. « La France se situe aujourd’hui au 4e rang européen ! », a-t-il déploré, sollicitant le ministre pour que la présidence française de l'Union à partir de juillet soit l'occasion d'harmoniser les contraintes qui pèsent sur les éleveurs.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Porc se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui