Réussir porc 06 février 2014 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

En Europe, le porc français est compétitif mais peu dynamique

Journée Ifip à Rennes. Malgré des coûts de production parmi les meilleurs d’Europe, les élevages français peinent à suivre le développement de ceux des pays du nord de l’Union Européenne.

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Les élevages français ont un coût alimentaire meilleur que ceux du nord de l’UE. 
Mais la productivité des truies progresse moins vite.
Les élevages français ont un coût alimentaire meilleur que ceux du nord de l’UE. Mais la productivité des truies progresse moins vite. - © D. Poilvet

« Le coût de production des élevages français n’est pas déconnecté de celui des autres principaux pays producteurs de porcs européens », soulignait Boris Duflot, économiste à l’Ifip, lors de la journée organisée par l’institut à Rennes le 14 novembre dernier sur le thème « compétitivité du porc français ». 1,48 €/kg pour la France, contre 1,53 €/kg pour l’Espagne et le Danemark, 1,60 €/kg pour l’Allemagne… Mais dernière ces moyennes se cachent des situations très différentes d’un pays à l’autre. La France est la mieux placée en terme de coût alimentaire. « Un résultat qui découle d’un ensemble de facteurs », commente Boris Duflot : maîtrise de la conduite alimentaire, du sanitaire, des fabricants d’aliment compétitifs, un lien au sol pour certains permettant la FAF… En revanche, la productivité numérique des truies a fortement augmenté au Danemark et aux Pays-Bas. « Dans ces pays, les performances techniques sont plus homogènes qu’en France. La restructuration des élevages a tiré la moyenne vers le haut. » Ces deux pays ont également une meilleure productivité du travail. « La taille importante de leurs élevages permet des économies d’échelle et une spécialisation de la main d’œuvre. »

- © Infographie Réussir

+ 26 % en Allemagne, 0 % en France en dix ans


Pour Christine Roguet, cette possibilité d’avoir pu se restructurer est la clé du dynamisme et de la croissance des élevages nord-européens. « En dix ans, l’Allemagne a augmenté sa production de 26 %, le Danemark de 15 % et les Pays-Bas de 6 %. Dans le même temps, la France a fait zéro. » Cette restructuration s’est accompagnée d’une spécialisation des élevages par pays : naissage au Danemark et aux Pays-Bas, engraissement en Allemagne. « Plus de 16 millions de porcelets changent de pays pour être engraissés. Cela fait beaucoup de camions sur les routes ! » En corollaire, la taille des élevages a augmenté. Aujourd’hui, 78 % des élevages danois ont plus de 500 truies. La France doit-elle copier ce modèle ? « La spécialisation des élevages facilite leur rationalisation et leur modernisation. Mais le risque de s’engager dans une course sans fin pour rattraper ces pays est grand », conclut Christine Roguet.


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