Réussir porc 19 octobre 2006 à 16h56 | Par Claudine Gérard

Filière - Avec l´autofom, la Cecab valorise les pièces de porc

A compter de ce mois, l´abattoir Europig apporte une plus-value supplémentaire avec le classement des pièces par Autofom. L´objectif est de mettre à profit cet appareil pour mieux satisfaire la demande de l´aval en pièces nobles.

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La mesure des pièces par Autofom est aujourd´hui prise en compte par Europig pour apporter un complément de revenu aux éleveurs, « l´ensemble de la plus value pouvant aller jusqu´à 4,60 ? par porc », souligne Denis Simon, directeur de la branche agricole Cecab.
Il s´agit bien d´une première, car Europig est le seul abattoir à posséder l´Autofom depuis quatre ans et l´intègre aujourd´hui dans sa chaîne d´abattage et dans la rémunération des éleveurs. Rappelons que cet appareil est un échographe qui fonctionne par ultrasons, au moyen de 16 sondes qui réalisent 3200 mesures permettant d´avoir une classification (poids, épaisseurs de gras.) sur chacune des pièces de la carcasse.

« Avec l´Autofom, nous avons donc la possibilité de juger des caractéristiques précises des pièces de la carcasse, pour encore mieux répondre aux besoins de nos clients, donc augmenter la valeur ajoutée. Le client final, qu´il soit français ou étranger, demande avant tout de la compétitivité, de la sécurité, et un standard de pièces en termes de poids, d´épaisseur de gras et de pH. En augmentant significativement la qualité de la production sur ces critères, nous sommes convaincus que nous pouvons améliorer la valeur ajoutée et la marge brute sur ces pièces », affirme Franck Le Meur, le directeur de l´abattoir. D´où la recherche d´un « porc Europig » qui apportera la plus-value supplémentaire au producteur et à l´abattoir.
De quel cochon s´agit-il ? D´un porc qui existe déjà, selon les responsables Europig et Cecab qui ne dévoileront pas plus les caractéristiques. Tout au plus, affirment-ils, une partie des porcs abattus à Josselin est déjà conforme et que « 100 % des éleveurs peuvent produire ce porc Europig ». L´abattoir a déjà compilé les données de milliers de carcasses. Et, en relation avec les techniciens du groupement Cecab, les responsables ont identifié les différents critères d´élevage qui permettent de produire ce cochon « idéal ». Ronan L´helgouach, responsable technique du groupement, souligne que l´obtention de ce porc ne conduit à aucune obligation en termes de génétique, d´alimentation, etc. « Il suffit en fait d´agir sur des leviers bien connus de conduite d´élevage qui, de plus, sont compatibles avec les objectifs techniques et économiques de l´éleveur. »
Un porc qui va dans le bon sens
Autrement dit, les mesures à prendre pour obtenir un porc Europig et sa plus-value, vont aussi dans le sens d´une amélioration des performances de l´élevage et sont, selon Yves Rouault, responsable développement du groupement, aussi une source de compétitivité au sein de l´atelier. « Nous sommes dans une démarche gagnant-gagnant », résume alors Denis Simon, directeur de la branche agricole du groupe Cecab. Rien à voir, donc, avec l´occupation d´une niche. Au contraire, Franck Le Meur le répète : « Nous sommes dans des métiers de volumes. Il n´y a plus suffisamment de niches pour compenser les érosions de marges sur les gros volumes. La solution est bien d´augmenter la valeur ajoutée sur le standard afin de mieux satisfaire le client final. »
En pratique, chaque éleveur va être informé de sa situation et du classement de ses porcs par l´Autofom. Le relais sera alors pris par son technicien du groupement qui lui apportera les conseils pour lui permettre de progresser. « Cette démarche n´a pu être mise en place qu´au travers d´une collaboration étroite entre les équipes et les hommes », se félicitent Hervé Vasseur, directeur de la production porcine et de l´aliment, et Ronan L´helgouach.
Enfin, pour couper court aux soupçons d´intégration, Denis Simon conclut : « Notre volonté est de bâtir une filière basée sur l´engagement, avec la liberté pour l´éleveur d´y aller ou pas. La démarche s´inscrit dans un souci de valoriser durablement l´animal souhaité par l´aval. Car il est impossible d´être pérenne en distribuant des primes sur des animaux qui ne correspondent pas à la demande du client final. »

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