Réussir porc 27 novembre 2014 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Fipso Industrie, le fer de lance de la filière porc du Sud-Ouest

La filiale abattage-découpe de la coopérative Fipso poursuit son développement grâce à une recherche permanente de valeur ajoutée et l’amélioration de la productivité de ses outils industriels.

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Le site de Lahontan dans les Pyrénées-atlantiques découpe la quasi-totalité 
de la production du groupe Fipso Industrie, filiale de la coopérative Fipso.
Le site de Lahontan dans les Pyrénées-atlantiques découpe la quasi-totalité de la production du groupe Fipso Industrie, filiale de la coopérative Fipso. - © D. Poilvet

Dans le milieu très morose de l’abattage-découpe dont le principal syndicat Sniv-SNCP déplorait encore à sa dernière assemblée générale le manque de compétitivité, Fipso Industrie tire son épingle du jeu en annonçant un résultat net positif de 600 000 euros en 2013. Un résultat faible par rapport au volume de production (0,4 % du chiffre d’affaires seulement), mais qui traduit cependant le dynamisme de l’entreprise. Inauguré en 2001, le site industriel de Lahontan dans les Pyrénées-Atlantiques est passé en treize ans de 6 500 à 10 000 porcs abattus par semaine. Quasiment toutes les carcasses, ainsi que celles provenant de l’abattoir aveyronnais de Capdenac (2500 porcs par semaine) sont découpées. Sur les 55 000 tonnes de viande produites chaque année, 6000 tonnes sont commercialisées sous forme de produits transformés (charcuteries fraîches). Une partie de la viande fraîche est conditionnée en barquettes UVC sous atmosphère protectrice « prêtes à l’emploi », qu’il n’y a plus ensuite qu’à ranger sur les étalages des grandes surfaces.
Pour le marché français, Fipso Industrie exploite les signes de qualité spécifiques au Sud-Ouest.
« Nous voulons développer la production de porcs fermiers label rouge élevés en plein-air en le positionnant sur des marchés à forte valeur ajoutée grâce à la qualité organoleptique de cette viande et la bonne image du label rouge », explique Patrick Le Foll, son directeur. Avec
800 porcs par semaine, cette production reste une « niche » pour l’entreprise. « Mais grâce aux plus-values générées, elle intéresse des éleveurs qui cherchent une nouvelle voie de diversification. Notre objectif est d’atteindre rapidement les 1000 porcs par semaine. »


Du boucher-charcutier pyrénéen à la Chine


Les IGP (indications géographiques protégées) mises en place par l’interprofession Aquitaine constituent également des voies de valorisation non négligeables. Pour Fipso Industrie, l’IGP Jambon de Bayonne concerne la moitié de sa production de jambons produits dans ce créneau de charcuterie sèche haut de gamme. Depuis peu, l’IGP Porc du Sud-Ouest est utilisée pour donner une identité régionale à la viande fraîche commercialisée sous UVC en libre-service et en RHF (restauration hors domicile). « Les marques d’entreprises sont très difficiles à imposer à la distribution, déplore Patrick Le Foll. Les signes officiels de qualité de type IGP donnent plus de poids à nos démarches commerciales. »
La clientèle régionale constitue un axe de développement important. « Nous avons investi récemment dans un nouvel atelier de découpe à Morlaàs, près de Pau, pour approvisionner les bouchers-charcutiers et les artisans locaux », explique Patrick Le Foll. Cette activité concerne 600 carcasses par semaine.
En parallèle, pour diversifier ses débouchés, Fipso Industrie s’investit depuis quinze ans dans les marchés export. Un coup d’accélérateur a été mis en 2012. En 2014, les ventes vers les pays tiers (hors UE) vont concerner 10 % de son chiffre d’affaires. « Ces marchés sont essentiels. Pour améliorer notre marge, nous devons pouvoir vendre chacune des pièces là où elles sont les mieux valorisées », souligne Patrick Le Foll. C’est pourquoi la fermeture des frontières russes a été un coup dur pour l’entreprise. « C’était un marché important pour les pièces grasses. Nous vendons désormais ces produits bien moins cher ailleurs. » Fipso Industrie se recentre désormais sur l’Asie, avec les marchés historiques comme la Corée, le Japon et Hong Kong. Cette année, l’entreprise a obtenu les agréments pour exporter à Taïwan et en Chine. Les produits concernés sont des produits basiques : pieds, oreilles, têtes, queues, abats… La plupart des transactions se font par des traders. « Nous n’avons pas la taille suffisante pour investir dans un service commercial à l’international. » Certaines entreprises chinoises achètent cependant leurs produits en direct. « Nous commençons à réfléchir à la vente de produits nobles vers ce pays. » En juin dernier, Fipso Industrie a obtenu l’agrément USDA pour pouvoir exporter des produits aux États-Unis. Un sésame qui va permettre à l’un de ses clients, le salaisonnier Delpeyrat, d’exporter des jambons de Bayonne au pays de l’oncle Sam. « Cet agrément constitue aussi une référence importante pour pouvoir exporter vers d’autres pays du monde entier », se félicite Patrick Le Foll.


Un stockeur dynamique géré par des robots


Ce dynamisme commercial permet à l’entreprise d’investir régulièrement dans des équipements modernes. En 2012, neuf millions d’euros ont été consacrés à l’amélioration de la productivité du site de Lahontan. Fipso Industrie est l’une des rares entreprises de l’aval de la filière a avoir investi dans un stockeur dynamique. Cette machine totalement automatisée gère seule le flux des produits depuis les ateliers de fabrication et de conditionnement, jusqu’aux préparations des commandes. « Elle stocke jusqu’à deux jours de production, décide du timing des livraisons en fonction de l’urgence des commandes, et assure une traçabilité très fine qui supprime pratiquement tous les litiges de livraison avec nos clients. Avec à la clé des gains de productivité importants », explique Patrick Le Foll.
De quoi conforter les éleveurs du Sud-Ouest qui adhèrent à la coopérative. « Il n’y a pas de production sans un aval performant. » Mais le directeur de Fipso est bien conscient que les outils d’abattage et de transformation ne peuvent exister sans une production compétitive et dynamique. Pour satisfaire les commandes des clients de Fipso Industrie, les 450 000 porcs charcutiers produits par les 200 éleveurs du groupement Fipso ne suffisent pas. L’entreprise s’approvisionne pour 30 % de ses tonnages auprès d’autres groupements, « en privilégiant la zone de l’IGP Sud-Ouest afin d’avoir des carcasses valorisables par ce signe de qualité ». Pour poursuivre son développement, Fipso Industrie souhaite bien entendu privilégier l’approvisionnement local en augmentant le volume d’activité du groupement. C’est le message que ses dirigeants ont voulu faire passer en inaugurant le 10 septembre dernier un engraissement de 3 000 places à Garlin (Pyrénées-Atlantiques). Ce bâtiment a été construit pour engraisser les porcelets de la maternité collective du Vic Bilh de 450 truies. « Nous manquons de places d’engraissement pour engraisser tous les porcelets que nous produisons. En s’associant à des projets tels que le Vic Bilh, Fipso démontre clairement sa volonté de relancer la production porcine dans la région aux côtés des éleveurs », conclut Patrick Le Foll.

Les signes officiels de qualité 
tels que l’IGP porc du Sud-Ouest 
donnent plus de poids aux démarches commerciales.
Les signes officiels de qualité tels que l’IGP porc du Sud-Ouest donnent plus de poids aux démarches commerciales. - © D. Poilvet

Fipso Industrie en chiffres


Actionnaires : SCA Fipso (53 %), Euralis (28 %), Maïs Adour (10 %), Sanders (9 %)


Trois sites


• Lahontan (Pyrénées-Atlantiques) : 300 salariés
Abattage : 10 000 porcs par semaine ; Découpe : 11 000 carcasses par semaine
Produits élaborés (charcuterie fraîche) : 6000 tonnes par an
• Capdenac (Aveyron) : 20 salariés ; Abattage : 2 500 porcs par semaine
• Morlaàs (Pyrénées-Atlantiques) : 15 salariés
Découpe : 600 carcasses par semaine (clientèle régionale)

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