Réussir porc 23 décembre 2005 à 16h49 | Par Propos recueillis par Claudine Gérard

Gérard Viel et Didier Moulin d´Arca - « Dans notre filière, l´éleveur est le maître d´oeuvre »

Union de coopératives créée en 1997, Arca constitue aujourd´hui une filière entière dont ses dirigeants tiennent à souligner les différences par rapport aux autres filières porcines.

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Dans votre communication institutionnelle, vous affirmez que dans la filière Arca, l´éleveur est au coeur des décisions. En quoi l´est-il plus que dans d´autres organisations ?
Gérard Viel : Nous avons la conviction d´avoir mis en place ce que j´appellerai la troisième voie. A savoir une organisation qui se situe entre les organisations verticales et fermées, et les systèmes libéraux, peu ou pas impliqués dans l´aval. Entre ces deux tendances, dans notre organisation, l´éleveur adhérent est maître d´oeuvre et participe aux orientations stratégiques de la filière.

Soit pour le principe, mais concrètement comment cela se passe-t-il ?
Gérard Viel : En premier lieu, il faut rappeler qu´Arca est une union constituée à 50/50 par les coopératives Arco et Terrena. Le premier élément de différenciation que nous pouvons avancer est le fonctionnement de cette union. Un directoire, présidé par Joseph Marquet, propose des orientations stratégiques. Et c´est le conseil de surveillance, que je préside, qui valide ces propositions et prend les décisions. A ce conseil de surveillance siègent des professionnels de chacune de nos trois régions - Normandie, Bretagne et Loire Poitou -. Ils sont très impliqués dans les prises de décision. Cette organisation permet un réel maillage de notre territoire, et nous a permis de réduire le nombre de groupements tout en gardant la proximité nécessaire. Un deuxième élément de différenciation tient dans l´ouverture d´Arca aux structures extérieures, via la Sica Arca.
En quoi la Sica est-elle un élément d´ouverture ?
Didier Moulin : La Sica est une structure d´accueil. Elle est ouverte aux structures extérieures, aussi bien en amont, au niveau de la production, qu´en aval, dans les secteurs de la découpe, de la salaison. Ce qui nous permet de nouer des relations et des partenariats avec ces entreprises, qu´elles soient coopératives ou non, sans mettre en cause l´identité de chacune de nos structures ni de celles qui adhèrent à la Sica. Récemment, la Scepp, groupement de producteurs du Poitou, a rejoint la Sica pour la commercialisation de ses porcs. Pour autant, elle conserve son identité, sa structure.
Plus en détail, que représente la filière Arca ?
Didier Moulin : La filière Arca est aujourd´hui complète, de la production à la transformation, en passant par la génétique, la nutrition, avec une marque unique Arca Nutrition, la santé, l´environnement, etc. Mais soulignons que l´adhérent est totalement libre de ses choix. Il reste un chef d´entreprise, responsable de ses décisions économiques.
Arca compte aujourd´hui 1700 adhérents, commercialise 2,5 millions de porcs charcutiers et réalise un chiffre d´affaires de 300 millions d´euros. Au total, Arca emploie 720 salariés, dont plus de 500 dans l´aval. Car Arca s´est fortement impliquée dans l´abattage et la transformation. Nous possédons la totalité de l´abattoir de Saint-Maixent, près de Poitiers, et avons des parts dans plusieurs outils : 33 % dans Gatines Viande, à La Guerche, 12 % dans Aberra, à Saint-Brice-en-Cogles, également dans Mayenne Viandes et Harang en région parisienne. Ces outils sont relativement spécialisés par circuit de distribution : GMS, export, RHD, et impliqués dans des démarches de segmentation : CCP, Labels, bios. Ce qui nous assure une adéquation entre le potentiel de production et l´outil dans lequel la filière s´implique. Ces outils nous permettent en outre de poursuivre notre différenciation-produits, stratégie mise en place pour dégager de la valeur ajoutée.
Dans quelle mesure cette valeur ajoutée profite-t-elle aux adhérents ?
Gérard Viel : Tout d´abord, cette segmentation du marché est source de plus-values. D´autre part, les adhérents bénéficient de primes de « bonifications d´économies générées » en fonction de leur activité avec la structure. Enfin, les adhérents peuvent recevoir un complément de prix en fin d´année en fonction du résultat de la filière.
A présent, quels sont les projets pour Arca ?
Gérard Viel : Dans notre logique de recherche de valeur ajoutée, nous investissons trois millions d´euros dans l´abattoir de Saint-Maixent pour une extension de 2500 m2 de l´unité de troisième transformation en viandes piécées et élaborées. Par ailleurs, nous entendons poursuivre notre stratégie de construction de filière dans un esprit d´ouverture, et donner à Arca la pérennité nécessaire afin d´assurer la qualité des services aux adhérents et la valorisation de leurs produits.

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