Réussir porc 23 décembre 2013 à 08h00 | Par Claudine Gérard

Importation de porcelets. - Des pénalités pour se protéger du SDRP

Le Comité régional porcin de Bretagne vient de mettre sur pied, en accord avec l’OVS Porc Bretagne, un dispositif de pénalités destinées aux éleveurs qui ne respecteraient pas un protocole sanitaire strict lié à des importations de porcelets.

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En présence de la représentante de la DRAAF de Bretagne,
 Karine Proux, 
Philippe Bizien, CRP, 
Marcel Corman, OVS, 
et Dominique Marchand, vétérinaire, ont détaillé le dispositif, à Rennes, fin octobre.
En présence de la représentante de la DRAAF de Bretagne, Karine Proux, Philippe Bizien, CRP, Marcel Corman, OVS, et Dominique Marchand, vétérinaire, ont détaillé le dispositif, à Rennes, fin octobre. - © C. Gérard

Le but est uniquement de tout mettre en œuvre pour que les souches du virus qui circulent en Europe de l’Est et à nos frontières ne parviennent en Bretagne via l’importation d’animaux. Ces souches sont en effet beaucoup plus contagieuses et virulentes que la souche européenne circulant en France, et en particulier en Bretagne. « Une fois introduites sur notre territoire, ces souches auraient des conséquences dramatiques pour tous les éleveurs de porcs et la filière », insiste Philippe Bizien président du CRP Bretagne.
Or, ces souches virulentes sont aujourd’hui à nos portes, au Danemark, en Espagne, et les animaux sont les premiers vecteurs du virus. « Sachant qu’il vaut mieux prévenir que guérir, la profession a engagé cette démarche volontaire, en accord avec l’administration, afin que les importateurs potentiels soient conscients des risques encourus et s’assurent de la qualité sanitaire des porcelets qu’ils pourraient faire venir s’engraisser dans la région », prévient Marcel Corman, président de l’OVS Porc Bretagne, organisation qui coordonne le suivi sanitaire des élevages de porcs bretons, et qui avait déjà édité un cahier des « charges SDRP » en 2012.
Concrètement, les éleveurs recevant des porcelets importés de l’étranger devront s’assurer que les documents préalables, et déjà obligatoires, seront bien remplis : attestations sanitaires, résultats d’analyses avant l’importation. Mais à ces précautions déjà en vigueur s’ajoute à compter du 1er décembre 2014 l’obligation de surveillance des animaux après leur arrivée sur le sol breton : respect d’une quarantaine, visite d’un vétérinaire cinq jours après l’arrivée des porcelets, prises de sang pour détection du virus du SDRP, puis une deuxième visite trente jours plus tard pour les mêmes analyses. S’il s’avérait que toutes les mesures obligatoires n’étaient pas respectées, et, au pire, que les animaux étaient porteurs des souches virulentes du SDRP, alors l’éleveur se verrait appliquer une pénalité de 5 à 30 centimes du kilo de carcasse des porcs charcutiers, pénalités prélevées par Uniporc Ouest et versées à la caisse sanitaire régionale, « qui contribue au financement des actions sanitaires en Bretagne », précise Philippe Bizien.

La peur du gendarme


Un scénario « catastrophe » qui risque fort peu d’arriver. Première raison, à l’heure actuelle, aucune importation de porcelets en provenance de nos voisins européens n’a lieu. Deuxième raison, si un élevage se révélait positif vis-à-vis du SDRP, une cellule de crise se mettrait immédiatement en place afin de contenir au plus vite la maladie et éviter sa propagation aux élevages voisins.
Ce plan spécifique aux porcelets sera complété par un dispositif portant sur les reproducteurs qui, au contraire des porcelets, voyagent aujourd’hui bel et bien de nos voisins européens vers les départements bretons. Ce plan sera dévoilé dans quelques semaines, selon les partenaires de l’OVS et du CRP bretons.

Une décision volontaire des professionnels

L’administration se porte solidaire de la démarche des professionnels bretons. Philippe Hercouët, directeur adjoint de la DRAAD et Karine Proux, chef du service régional de l’alimentation, se sont joints à la présentation du « plan breton » destiné à contrôler les importations de porcelets, considérant que « l’administration se doit d’accompagner de telles initiatives. Bien que l’Etat ne porte pas de responsabilités dans la gestion de ce type de pathologie, il doit être solidaire d’initiatives de ce type, pas obligatoirement populaires »,
souligne Philippe Hercouët, vice-président de la DRAAF.
Karine Roux précise pour sa part que les maladies sont classées en trois catégories :
Catégorie 1 : maladies « réputées légalement contagieuses » :
pestes, Aujeszky, brucellose…, relevant du domaine de la santé publique, entraînant des mesures de lutte encadrées et obligatoires.
Catégorie 2 : brucellose porcine…, maladies d’ordre de l’intérêt collectif, l’administration intervient dans son contrôle.
Catégorie 3 : SDRP… Ce sont les professionnels qui sont maîtres-d’œuvre de leur contrôle, mais l’administration peut les accompagner.

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