Réussir porc 07 février 2014 à 08h00 | Par Propos recueillis par Dominique Poilvet

Interview - « L’offre VPF doit être mise en valeur » estime Jean-Michel Serres

À défaut d’une réglementation claire de l’Union européenne sur la traçabilité des viandes, la FNP préconise une meilleure valorisation du logo VPF. Entretien avec Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Jean-Michel Serres : « La grande distribution doit regrouper 
les charcuteries et les viandes estampillées VPF dans les rayons, 
pour obtenir une meilleure lisibilité 
des produits. »
Jean-Michel Serres : « La grande distribution doit regrouper les charcuteries et les viandes estampillées VPF dans les rayons, pour obtenir une meilleure lisibilité des produits. » - © D. Poilvet

. L’UE va imposer pour la viande fraîche un étiquetage qui ne mentionne que les lieux d’élevage et d’abattage. Une évolution positive ou un recul ?


Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? La définition du lieu d’élevage des porcs sera liée à des critères d’âge et de poids des animaux. Le consommateur n’aura pas accès de façon obligatoire à une information complète de type « né, élevé et abattu » que la FNP a toujours défendu. Sur la forme, nous ne pouvons que déplorer une nouvelle réglementation complexe. Sur le fond, la demande de plus de transparence de la part des consommateurs n’est pas satisfaite. C’est une vraie déception.


.  C’est une décision européenne, applicable en 2015. Peut-on espérer une obligation d’étiquetage plus transparent à l’échelon national ?


Le Parlement français avait voté une proposition d’obligation d’étiquetage d’origine des viandes et des produits transformés. Elle a été retoquée par le gouvernement, car elle aurait été attaquable par les instances européennes. Il n’y a plus rien à attendre de l’Europe sur ce sujet. Nous devons donc intensifier les accords avec nos partenaires de la filière pour généraliser l’étiquetage volontaire sur tous les produits.

 

.  En amplifiant la communication sur VPF ?

 

Nous avons la chance d’avoir une interprofession qui se finance par le biais d’une contribution volontaire sur les carcasses de porcs et sur les viandes et les produits de charcuterie. Ce mode de financement permet à Inaporc de communiquer sur la mention Viande porcine française. Cependant, les campagnes de communication nationales ne peuvent pas tout faire. La distribution doit faire un effort pour les rentabiliser. Elle doit regrouper les charcuteries et les viandes estampillées VPF dans les rayons, afin d’obtenir une meilleure lisibilité des produits. Un linéaire de charcuterie fait parfois plus de vingt mètres. Tels qu’ils sont présentés actuellement, les produits VPF sont complètement noyés dans l’offre globale. Nous allons par ailleurs modifier le visuel VPF en créant un logo plus uniforme avec ceux des produits issus des viandes bovines et de volaille françaises. Cette synergie entre les productions devrait convaincre les enseignes de mieux utiliser ces logos, à la place d’autres indications d’origine « maison ».


. L’implication financière de la filière dans la communication est-elle suffisante ?


Il est vrai que le budget communication d’Inaporc est quatre fois moins important que celui des interprofessions lait ou viande bovine. Mais la filière est en crise et la production diminue. Nous ne pouvons pas augmenter les cotisations. Nous devons agir autrement, en impliquant la grande distribution, et en intervenant dans les magasins comme le font actuellement les éleveurs des Pays de la Loire et au printemps dernier les Bretons, tant par des opérations de contrôle que par des actions de promotion.


. Selon la dernière publication de l’observatoire des prix et des marges, les marges sont toujours aussi mal réparties dans la filière. La faute à qui ?


La grande distribution empêche toujours la répercussion des hausses de coût de production. Elle porte une part de responsabilité importante dans la crise de l’élevage et la baisse des marges des industriels de la viande. Les chiffres plutôt optimistes publiés par la Commission des comptes de l’agriculture sur le revenu des producteurs de porcs ne doivent pas occulter le fait que la production ne cesse de baisser depuis deux ans. Il y a eu plus de 1100 mises en demeure pour la mise aux normes des truies. Ce chiffre n’augure pas un renversement de tendance pour 2014. Les éleveurs ont envie d’investir, mais ne peuvent pas le faire à cause de contraintes administratives trop lourdes et d’une rentabilité des élevages insuffisante. Nous attendons toujours la simplification administrative, et la création d’un régime enregistrement simple et applicable facilement.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Porc se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui