Réussir porc 11 septembre 2002 à 17h29 | Par Propos recueillis par Claudine Gérard

Jacques Lemaître, patron de la FNP - « La viande porcine française est le moteur de l´interprofession »

Le 13 juin dernier, l´interprofession nationale porcine pour la viande fraîche était constituée. Jacques Lemaître en a été un acteur majeur.

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Pourquoi, aujourd´hui, un accord a-t-il été trouvé sur l´Interprofession porcine ?
Jacques Lemaître - Il y a plus de dix ans que des tentatives se sont succédées pour essayer de bâtir une structure qui englobe toutes les familles de la filière porcine. Je m´y suis personnellement impliqué il y a huit ans, relayé par Jean-Michel Fritsch pour la FNCBV plus récemment. Ce qui a fait avancer le dossier, c´est, après la crise de 98-99 où il fallait traduire dans les linéaires toute la qualité et le travail réalisés, la création de VPF*. Il fallait montrer aux distributeurs que les cahiers des charges dans lesquels ils nous avaient emmenés faisaient la différence, en particulier avec les produits d´importation.

VPF a donc été le début de l´Interprofession ?
J. L. - Tout à fait. Elle a été la cellule de réflexion de l´interprofession. Car, pour avoir des grands projets, il faut d´abord se connaître, se comprendre, puis mener des actions collectives. VPF en a été l´occasion, pour nous qui avons des métiers et des sensibilités différents. Très vite, on s´est aperçu que cette démarche restait volontaire. Or, quand on veut avoir une action collective, il faut aussi mettre des moyens. Et certains ne jouaient pas le jeu. VPF a su engager le dialogue, définir des actions collectives. Il fallait que cela repose sur quelque chose de plus officiel, où le passage à l´interprofession est obligatoire. En tant que président de VPF, j´ai été celui qui a été chargé d´animer et fédérer les réflexions et les remarques pour en arriver à la signature.


Pour le moment, cette signature ne concerne que la viande fraîche ?
J. L. - Oui, car la FICT (Fédération française des industriels charcutiers traiteurs) n´a pas souhaité occuper les deux postes qui lui sont réservés au conseil d´administration. Le nouveau président, Robert Volut, a un langage plus positif sur la filière. C´est un signe de bonne augure. Il souhaite que la participation de la FICT repose sur des dossiers particuliers, dans le cadre de comités précis. Après, je suis persuadé qu´ils comprendront que l´interprofession n´est pas du protectionnisme primaire.

Parlez-nous de ces comités.
J. L. - L´interprofession doit apporter des compétences et des moyens financiers. Elle ne vivra que si les acteurs veulent bien la faire vivre. L´essentiel est de dire quel est le meilleur intérêt pour tous. Pour intéresser les gens, il faut qu´ils se sentent concernés. Il y aura donc des comités où interviendra qui veut. L´essentiel est qu´ils soient pilotés par le conseil de l´interprofession. Le comité export intéressera par exemple les abatteurs, mais pas la charcuterie. A l´inverse, sur le dossier Gestion des risques on trouvera la grande distribution et la charcuterie.
Les comités identifiés sont d´abord le comité VPF qui intégrera la démarche dans l´interprofession pour tout ce qui est traçabilité, contrôle... Nous prévoyons aussi un comité Communication, un comité Export, Gestion des risques, Observatoire des prix et Marges des filières. On ne peut pas continuer à ne pas savoir ce qui se passe dans cette filière ! Ce dernier aura un grand rôle à jouer.

Quel est à présent le calendrier de mise en place de l´interprofession ?
J. L. - L´interprofession doit maintenant être reconnue par le Conseil supérieur d´orientation (CSO) et j´ignore les délais. Nous étudierons les quelques points d´amendement qui resteront à préciser. Cela ne se fera pas cet été. Mais, dès le Space, nous nommerons le conseil d´administration et le président de l´interprofession, déjà baptisée Inaporc.

Serez-vous candidat à la présidence ?
Non, je ne serai pas le président, ayant déjà de multiples fonction, à la FNP, à l´ITP... De plus, la FNP doit rester le « poil à gratter » de l´interprofession pour éviter que le projet ne s´endorme trop vite. Mais je veillerai à ce que la FNP reste la locomotive de l´interprofession et j´aimerais que le président soit issu de nos rangs.



* Viande porcine française

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