Réussir porc 24 novembre 2015 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Jean-Paul Bigard ne veut plus d'une cotation unique

À l'assemblée générale du Sniv-SNCP, la structure qui représente la majorité des abatteurs français, son président, Jean-Paul Bigard, a justifié le retrait de son entreprise du MPB, qu'il qualifie de « suranné ».

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Jean-Paul Bigard. "L'aval présente une grande diversité de modèles. Dans ces conditions, comment peut-on imaginer que perdure le prix unique?"
Jean-Paul Bigard. "L'aval présente une grande diversité de modèles. Dans ces conditions, comment peut-on imaginer que perdure le prix unique?" - © D. Poilvet

L'assemblée générale (AG) du Sniv-SNCP, le principal syndicat représentatif des abatteurs français (94 % des abattages porcins) qui s'est déroulée le 7 octobre dernier, a été l'occasion pour son président, Jean-Paul Bigard, également président du premier groupe abatteur-transformateur français du même nom, de justifier sa stratégie de ne plus se référer au cadran breton pour le règlement des porcs. Un marché dont il juge le fonctionnement « surrané, inadapté, empêchant d'afficher la réalité d'un cours résultant d'une véritable confrontation de l'offre et de la demande », et dont le règlement est devenu « un véritable carcan ». Pour lui, le prix du porc ne peut plus être indexé sur une seule référence, celle de la carcasse. "L'aval présente une grande diversité de modèles", souligne-t-il : "Certaines entreprises sont entièrement dépendantes de l'offre et de la demande, d'autres réalisent une intégration industrielle au service d'une enseigne. Face à cette problématique, comment peut-on imaginer que perdure le prix unique ?"

Revenant sur le "prix politique" de 1,40 EUR/kg au cadran qui a tenu tout l'été, il rappelle les trois raisons qui font que "cette aventure ne pouvait se terminer que par un effondrement des prix". Le niveau de production dans les 28 pays de l'Union est en hausse de 4 % depuis le début de l'année. Dans le même temps, la consommation de viande continue de baisser (- 3,5 % en France en 2015). Enfin, la perte du marché russe coûte cher aux entreprises des viandes. "Ce prix politique a mis les entreprises d'abattage-découpe en grande difficulté du fait de l'écart creusé avec les prix du marché européen." Dans ces conditions, il estime que "l'indexation du prix de vente sur les coûts de production ne peut pas devenir le modèle de formation des prix en vigueur", et que "transférer les pertes de l'élevage vers l'abattage n'a pas de sens".

Alléger les charges sociales pour contrer le dumping allemand

Les revendications des abatteurs pour sortir de cette spirale négative sont connues : allégement des charges sociales pour contrer le dumping social allemand, origine de la viande mentionnée sur les produits transformés, campagne de communication sur le logo "Porc français", contraintes environnementales, techniques, sanitaires et administratives remises à des niveaux identiques dans tous les pays européens, et reprise des négociations avec la Russie pour lever l'embargo sanitaire.

Pour Jean-Paul Bigard, la filière porcine est "très malade". "Mais attention, nos déboires et difficultés du moment sont le résultat de nos propres insuffisances. N'attendons plus rien de l'Europe, de la Pac, de l'État providence. Soyons plus professionnels et solidaires en nous unissant chaque fois que c'est nécessaire". Une conclusion bien surprenante au vu de la stratégie de l'entreprise Bigard de ces dernières semaines.

- © cultureviande.fr

Culture viande, le nouveau nom du syndicat des entreprises françaises des viandes

Le syndicat regroupant les entreprises privées et coopératives de l'abattage-découpe-transformation des viandes a présenté sa nouvelle identité à l'occasion de son assemblée générale. "Les entreprises françaises des viandes se présentent sous un jour nouveau. Être à l'écoute des éleveurs comme des marchés, c'est depuis longtemps notre posture. À partir d'aujourd'hui, grâce à Culture viande, ce sera encore pus clair", a déclaré Jean-Paul Bigard.

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