Réussir porc 02 mars 2017 à 08h00 | Par Christine Roguet, pôle économie de l'Ifip

L'Allemagne lance un label bien-être officiel pour la viande de porc

Partant du principe que les labels garantis par les autorités bénéficient d'une plus grande confiance des consommateurs que ceux portés par les filières, le ministre de l'Agriculture allemand, Christian Schmidt (CDU) a décidé de créer un label officiel bien-être pour étiqueter les viandes et le lait.

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Le premier label Für Mehr Tierschutz a été un échec, en raison d'un cahier des charges trop exigeant et d'une communication insuffisante vers le grand public.
Le premier label Für Mehr Tierschutz a été un échec, en raison d'un cahier des charges trop exigeant et d'une communication insuffisante vers le grand public. - © DR

La création du label porc bien-être sera officialisée lors du prochain salon de l'agriculture à Berlin en janvier. Le label sera mis en marché en 2019 et concernera d'abord la viande de porc et éventuellement de volaille. S'il fonctionne, il sera étendu à la viande bovine et au lait.

Ce label est le fruit d'un travail commun entre les représentants de la distribution, de l'abattage, des ONG de protection animale, des syndicats d'éleveurs, de la recherche et du ministère de l'Agriculture. Selon les premiers éléments communiqués par le ministère à la presse, le label aura les caractéristiques suivantes :

Le label bien-être sera défini par la loi. Il sera volontaire (non obligatoire), la participation des éleveurs sera libre. La certification des élevages sera réalisée par une entreprise privée, avec des contrôles « stricts et inopinés ».
La viande étiquetée sera produite selon des normes supérieures aux standards réglementaires. Le label comprendra des obligations à tous les niveaux, de la sélection jusqu'à l'abattoir. Les critères de bien-être porteront sur les conditions d'élevage et la santé des animaux, probablement la surface disponible pour animal, l'apport de paille... Cependant aucune information officielle n'a été publiée.
Le label comprendra plusieurs niveaux, mais l'étiquetage avec des chiffres de 0 à 3 comme en oeufs, souvent évoqués, n'a pas été retenu. Le premier niveau sera orienté vers un marché large et imposera des contraintes limitées pour ne pas générer de coûts supplémentaires trop élevés et permettre à un maximum d'éleveurs d'entrer dans le dispositif.
Les critères seront évolutifs, dans l'idée d'une démarche de progrès, par exemple pour arrêter la coupe des queues en routine.
Ce nouveau label ne devrait pas remettre en cause, du moins dans un premier temps, les autres démarches existantes (label Für Mehr Tierschutz du Deutscher Tierschutzbund lancé en 2013 et initiative de branche Tierwohl des filières porcines et avicoles lancée en 2015). Selon le ministre, il ne devra pas compromettre l'Initiative Tierwohl (ITW). Des interfaces seront créées entre le label officiel et l'ITW. Le développement du label bien-être officiel s'appuiera sur l'expérience du Deutscher Tierschutzbund, pour la liste des critères et les contrôles par exemple. Enfin, l'expérience de gestion de QS et de ITW (fonds, bases de données) sera valorisée. Ces deux organisations sont aussi parties prenantes du processus.
Enfin, tirant les enseignements de l'échec du label Für Mehr Tierschutz, lié à un cahier des charges trop exigeant et une communication insuffisante vers le grand public, le ministère de l'Agriculture accompagnera la sortie de son label officiel d'une campagne d'informatiod'un n pour en accroître la notoriété.

En termes d'échéance, les critères devront être arrêtés pour le lancement du label lors de la Grüne Woche en janvier 2017. Puis l'ensemble des détails du label devront être finalisés pour l'été 2017 (processus législatif). D'ici là la question de savoir si le label s'applique aussi à la restauration hors domicile, aux bouchers et aux transformateurs aura été tranchée. Ce point est important car environ 40 % de la viande de porcs est transformée en saucisses et charcuteries.

En lançant son label officiel bien-être, l'Allemagne rejoint ainsi les Pays-Bas avec Beter Leven depuis 2007 et le Danemark qui a lancé cette année le label Stjernkod. Ces labels, pour l'instant facultatifs, préfigurent ce que pourrait être un étiquetage obligatoire des viandes et du lait selon le mode d'élevage.

Voir aussi article L'Allemagne passe au vert.

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