Réussir porc 18 août 2015 à 08h00 | Par Claudine Gérard

L'embargo russe a déstabilisé l'année 2014 de la filière porcine française et européenne

Le bilan des cours au MPB pour l’année écoulée se solde par un prix de cadran moyen de 1,32 euro par kilo, soit 1,47 euro payé pour un coût de revient estimé à 1, 535 euro.

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Poste frontière vers la Russie à Vaalimaa en Finlande.
Poste frontière vers la Russie à Vaalimaa en Finlande. - © Vaalimaa

Comme le rappelait au printemps Jean-Pierre Joly, directeur du Marché du porc breton, lors de l'assemblée générale du MPB, il y a eu deux périodes : l’avant et l’après peste porcine africaine en Lituanie. Déclarée le 29 janvier 2015, et déclenchant l’embargo russe, la maladie a ruiné tous les espoirs qui étaient permis. « Tous les indicateurs cumulés laissaient envisager l’année avec optimisme et sérénité, la défaillance russe en a décidé autrement. » Il a rappelé que la Russie avait importé près de 750 000 tonnes de viande de porc de l’UE en 2013, soit le quart de toutes les exportations et plus de 3 % de toute la production de l’UE.

Au final, l’année 2014 se solde par un prix moyen au MPB de 1,32 euro par kilo, 1,477 payé éleveur, pour un coût de revient estimé à 1,535 par le MPB. Un déficit moyen de 8 centimes donc, soit encore supérieur à celui de 2013 (1,607 payé pour 1,654 de coût de revient).

- © Infographie Réussir

 

Les 59 760 porcs vendus par semaine en 2014 proviennent essentiellement d’Aveltis (34,4 %), Porelia (17,9 %), Prestor (17,5 %) et Syproporcs (11,6 %). Tandis que les acheteurs sont Kermené (25,2 %), Groupe Bernard (23,5 %) et Cooperl (14,9 %). Le groupe Gad a stoppé ses achats le 28 août 2014. « En six mois, le groupe Gad est passé de 9 000 porcs achetés au marché chaque semaine à zéro, déséquilibrant les achats de tous les autres intervenants. Le déséquilibre a d’ailleurs poussé certains abattoirs restants à opérer un chantage anormal au MPB », commentait Daniel Picart, président, au cours de l’assemblée générale.

Près de 60 % des porcs présentés viennent donc d’élevages finistériens, tandis que 40 % sont abattus dans les Côtes-d’Armor. « La fermeture de Gad Lampaul est une erreur stratégique majeure dans le paysage porcin breton. Toute une zone très dense de production se retrouve très éloignée du périmètre des entreprises d’abattage. Les éleveurs paient et vont payer durablement les kilomètres supplémentaires », ajoutait-il.

- © Infographie Réussir

 

Des cours resserrés en Europe

Au-delà de ces considérations « locales », les données présentées par Jean-Pierre Joly confirment que les cours du nord de l’Europe restent étroitement liés. Même s’il faut, selon lui, tenir compte de « prix maisons » pratiqués par les abattoirs allemands et d’un complément de prix danois, l’écart de prix de ces deux pays avec le cours de Plérin est minime, de moins de un centime sur l’année. Seuls les cours espagnols s’en éloignent significativement (+ 10 centimes en moyenne) en raison de niveaux traditionnellement plus élevés en été. L’analyse faite par l’organisation ISN en Allemagne le confirme : en 2014, les prix payés auraient été de 1,49 €/kg en Allemagne, 1,52 €/kg au Danemark, 1,54 €/kg en France, et 1,69 €/kg en Espagne…

Le début 2015 confirme malheureusement le scénario de 2014, et peu d’éléments laissent présager une hausse significative des cours, selon le MPB. « Les porcelets danois « arrosent » les pays d’Europe du Nord. » Et les abattages progressent significativement chez les deux premiers pays producteurs : + 2,5 % en Allemagne (21 semaines 2015) et en Espagne (+ 5,6 % (9 semaines), tandis qu’ils reculent sur la zone Uniporc Ouest de 1,2 %. Les prévisions pour le reste de l’année restent suspendues à de nombreuses interrogations : la parité euro/dollar, l’évolution de la production et de la consommation dans l’UE, la demande chinoise et, bien entendu, le devenir du marché russe.

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