Réussir porc 30 avril 2015 à 08h00 | Par La rédaction

L'Espagne bat tous ses records de production

Avec 47,2 millions de porcs abattus en 2014, l'Espagne a battu son record de production essentiellement lié au développement des grands groupes d'intégration privés.

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Le système d'intégration verticale domine la production espagnole.
Le système d'intégration verticale domine la production espagnole. - © C. Gérard

Une hausse de 4,4 % de la production en 2014 confirme largement la deuxième place de l'Espagne au sein des pays producteurs de porcs de l'UE, qui devient aussi le 4e pays producteur au monde, après la Chine, les États-Unis et l'Allemagne. L'interprofession espagnole calcule que le secteur porcin génère aujourd'hui 175 000 d'emplois directs et 2 millions d'indirects.

L'enquête cheptel annuelle des bassins européens laisse présager une hausse au moins aussi soutenue pour 2015. Le troupeau reproducteur a en effet augmenté de 5 % en décembre 2014 par rapport à 2013, la plus forte hausse parmi tous les pays d'Europe dont la moyenne s'établit à - 1 % de truies (hors Espagne).

Le cheptel reproducteur a augmenté de 5 % fin 2014

Cette progression est avant tout portée par le développement de la production intégrée qui représente environ 70 % des volumes espagnols. En l'absence de statistiques officielles sur le nombre, la taille des élevages et leur statut, tous les observateurs s'accordent sur le fait que l'évolution constante est celle d'une augmentation de la taille des ateliers, le plus souvent supérieurs à 1200 truies pour le naissage, généralement dissocié du post-sevrage et de l'engraissement.

L'éleveur est propriétaire de ses bâtiments et s'acquitte du paiement des charges et salaires. Mais c'est l'intégrateur qui fournit l'aliment, les animaux et les produits vétérinaires et se charge de la commercialisation des porcs. On comprend donc que les principaux groupes fournisseurs d'aliment, de génétique se soient massivement impliqués dans le processus, mettant en place des organisations où elles maîtrisent aussi l'abattage, le plus souvent par acquisition d'outils au cours des dix dernières années. Le plus important d'entre eux, Valls Companys -- avec 4,1 millions de porcs produits par an -- est à l'origine un fabricant de farine qui, dans les années cinquante s'est diversifié dans l'aliment du bétail puis dans toute la chaîne de production pour devenir le plus gros intégrateur du pays.

Reste qu'une partie de la production passe aussi par des coopératives, le plus souvent polyvalentes. Ramon Armengol, vice-président de la coopérative Ivars d'Urgell, non loin de Lérida, et représentant des coopératives porcines, défend ce système coopératif « qui, contrairement au système d'intégration, place l'éleveur au coeur du métier et face à ses responsabilités ». Mais il reconnaît la puissance économique supérieure du système d'intégration « qui dégage de faibles marges, mais à chaque maillon, de haut en bas de la chaîne, de la fabrication d'aliment jusqu'à l'abattage et bénéficie des économies d'échelle liées à leur taille ». Il ajoute que la forte concurrence entre les abattoirs, encore nombreux (huit en Catalogne) les a obligés à se moderniser, investir et gagner compétitivité, essentiellement en saturant au maximum les outils. « Si tu n'es pas à 110 % de ta capacité d'abattage, tu es mort ! », lance-t-il. Il avoue en outre que le système coopératif fonctionne aussi en partie au travers de l'intégration qui s'apparente davantage à du façonnage pour les porcs charcutiers. "Mais dans tous les cas, le succès est lié en grande partie à des abattoirs qui se sont adaptés à l'augmentation de la production, et à la production qui a suivi l'augmentation de capacité des abattoirs", analyse Pere Rouira, directeur commercial de la coopérative d'Ivars, près de Lérida.

L'environnement reste le principal obstacle au développement

Forts des résultats corrects des dernières années, les groupes d'intégration poursuivent leur croissance sans apparemment beaucoup d'entraves, à l'exception d'un problème majeur de gestion des lisiers. L'Espagne s'était engagée dans des investissements de traitements il y a quelques années, essentiellement au travers de stations biologiques. Mais à l'époque, l'État aidait financièrement ces projets. La crise financière qu'a traversée le pays a mis fin à ces aides. Et les projets se sont arrêtés, l'essentiel du lisier restant aujourd'hui épandu sur les terres. Ce qui pousse le développement des élevages davantage vers l'Est, moins « chargé » en porcheries.

- © C. Gérard

Pour en savoir plus

Voir dossier Réussir Porc d'avril 2015. RP n° 225 p. 22 à 31.

Au sommaire :

. p. 26 - Les exportations espagnoles explosent

Vers la France et vers les pays tiers

. p. 28 - L'Espagne entend exporter aussi sa technologie

L'élevage Albesa Ramadera, vitrine du savoir-fairedu groupe OPP

. p. 30 - Des marges faibles mais positives depuis trois ans

Retour de la rentabilité de la production

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