Réussir porc 25 septembre 2015 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

La fonte musculaire en fin de gestation nuit à la santé des porcelets

La CAM 53 démontre qu’un déficit nutritionnel durant le dernier tiers de la gestation des truies entraîne une recrudescence de porcelets immatures à la mise bas.

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Les porcelets immatures se reconnaissent à leur grosse tête ovale. Ils sont incapables de têter seuls.
Les porcelets immatures se reconnaissent à leur grosse tête ovale. Ils sont incapables de têter seuls. - © D. Poilvet

Le groupement porc de la CAM 53 démontre au travers d’une étude terrain (1) qu’une mobilisation musculaire des truies en fin de gestation s’accompagne d’une détérioration du poids de la portée et d’une augmentation de porcelets immatures à la naissance. « Sur les 160 truies suivies en fin de gestation dans une maternité collective du groupement qui a servi de cadre à cette étude, certaines truies qui ont perdu du muscle avaient jusqu’à 35 % de porcelets immatures dans leur portée », explique Gilles Ligot, chef de marché porc à la CAM 53. À l’inverse, les truies qui ne perdaient pas de masse musculaire, voire qui en gagnaient, produisaient un nombre de porcelets chétifs nettement plus restreint (voir infographie).

La firme service CCPA qui a participé à cette étude explique ce phénomène par un déficit nutritionnel en fin de gestation. « À cette période, il existe une compétition importante in utero pour les nutriments, qui peut affecter la croissance et le développement fœtal d’une partie de la portée », souligne Laurent Roger, nutritionniste CCPA, qui chiffre précisément les effets d’une fonte musculaire : « une perte de cinq millimètres de muscle en fin de gestation, c’est 1,27 kg de poids de portée en moins et un poids de naissance des petits porcelets réduit de 100 grammes. »

- © Infographie Réussir

La mesure d’épaisseur de muscle dorsal n’étant faisable qu’avec un échographe, un matériel onéreux et peu employé en élevage, CCPA et la CAM 53 se basent sur les valeurs d’épaisseur de lard dorsal (ELD) en fin de gestation pour gérer le plan d’alimentation des truies. « Le chiffre d’or à retenir est 18 millimètres d’ELD à l’entrée du dernier tiers de gestation, mesuré à l’échographe, soit 16 à 16,5 millimètres aux ultrasons, avec un appareil de type Renco », affirme Gilles Ligot. « Si les truies atteignent cet objectif, elles sont moins disposées à perdre de la masse musculaire en fin de gestation. Il faut cependant que l’aliment couvre les besoins en énergie et en acides aminés pour que le démarrage en lactation se fasse correctement. » Au-dessous de cette valeur, la truie puise dans ses réserves musculaires pour produire de l’énergie. « Il est donc essentiel de reconstituer les réserves corporelles le plus tôt possible en début de gestation, et de couvrir les besoins de développement des fœtus avant la mise bas, par un plan d’alimentation en U d’autant plus prononcé que la prolificité des truies est élevée », conclut-il.

 

(1) Etude réalisée en 2014 dans une maternité collective sur 160 truies de génétique Large-White x Landrace réparties en 4 bandes de 40 truies.

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