Réussir porc 06 juin 2014 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

La maternité du futur s’expose à Guernevez

Inaugurée le 5 avril dernier, la nouvelle maternité de la station expérimentale de la chambre d’agriculture de Bretagne constitue un banc d’essai unique d’équipements conçus pour faciliter le travail et réduire les dépenses énergétiques.

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La nouvelle maternité de Guernevez est composée de deux salles de douze places. Elle s’intégre dans l’élevage de 180 truies naisseur-engraisseur de la station expérimentale de la chambre d’agriculture de Bretagne. (© D. Poilvet) Les caméras Néocam seront installées sur un rail situé  au-dessus du couloir central, pour analyser les images de l’arrière des truies au moment des mises bas. © D. Poilvet La maternité teste quatre modèles de cases (Calimat, I-Tek, Big Dutchman et Galvelpor) sur les aspects d’ergonomie et de sanitaire. L’alimentation des truies est assurée par les Maternéo d’Asserva. © D. Poilvet L’avant des cases de l’une des salles est surbaissé pour accéder facilement aux porcelets. Les cases Big Dutchman et Galvelpor sont équipées de niches permettant un chauffage localisé des porcelets. © D. Poilvet Huit panneaux solaires installés en toiture assurent 50 % des besoins annuels de chauffage du bâtiment. © D. Poilvet Les puits de lumière apportent un surplus de lumière du jour dans le bâtiment. L’intensité des néons est régulée  en fonction de la luminosité naturelle. © D. Poilvet Les données de ventilation, de chauffage et de lumière sont connectées à un PC situé dans le local technique de l’élevage. © D. Poilvet Frédéric Kergourlay, ingénieur d’études. « Les données de ventilation, de chauffage, d’éclairage sont centralisées et sont consultables à distance sur une tablette ou un smartphone. » © D. Poilvet

« Ce que l’on souhaite, c’est que l’impact environnemental des porcheries soit nul, et même que demain leur bilan énergétique soit positif », déclarait Paul Auffray, le président du pôle porcs de la chambre d’agriculture de Bretagne le 5 avril dernier, lors de l’inauguration de la « maternité du futur » de Guernévez dans le Finistère. Ce bâtiment de 24 places se veut être un modèle de performance énergétique.
La chaleur sera produite par des panneaux solaires. « Même si on est dans le Finistère, ils doivent assurer au moins 50 % du chauffage annuel », certifie Frédéric Kergourlay, ingénieur d’études à la chambre d’agriculture. Une pompe à chaleur air/eau prendra le relais les jours nuageux. L’eau chaude servira à chauffer les plaques chauffantes des maternités. Dans l’une des deux salles, des nids à porcelets ont été installés. « Grâce à ces nids, il est possible de localiser le chauffage à un volume très réduit », rappelle-t-il.
Les économies d’énergie concerneront également la ventilation et les systèmes d’éclairage. Une régulation des néons fera varier leur intensité en fonction de l’éclairage naturel, dispensé à la fois par de nombreuses fenêtres et des puits de lumière. Un échangeur de chaleur a aussi été installé en sortie de ventilation de l’une des deux salles, pour transférer les calories de l’air sortant au flux de l’air entrant.


Les données de ventilation, de chauffage et d’éclairage sont consultables à distance


La nouvelle maternité de Guernevez se distingue aussi par des équipements et des conceptions permettant d’améliorer les conditions de travail. Toutes les données de ventilation, de chauffage et d’éclairage sont connectés à un PC. Elles sont aussi consultables à distance sur une tablette ou un smartphone. L’alimentation des truies est assurée par le système Materneo d’Asserva qui permet des apports d’eau et d’aliment de précision, au plus près des besoins des truies. Asserva fournit également un système de surveillance des mises bas basé sur le traitement d’images issues de caméras. La conception des salles a aussi été étudiée pour une meilleure ergonomie, avec notamment des couloirs surbaissés à l’avant. L’installation de quatre modèles de cases différentes permettra à l’équipe de la station d’évaluer la facilité de travail dans chacune d’elles.
Ce bâtiment a coûté 10 000 euros de la place, soit deux fois plus qu’une maternité traditionnelle. « Normal, puisque certains équipements sont expérimentaux, et ne peuvent pour le moment être installés dans un élevage conventionnel vu leurs coûts », explique Brigitte Landrain, responsable du pôle porcs de la chambre d’agriculture de Bretagne. « C’est un investissement collectif indispensable pour améliorer la compétitivité de la filière », justifie Philippe Bizien, président du Comité régional porcin de Bretagne.

Ergonomie et économies d’énergie

 

Les entreprises du secteur ont été associées à la conception du bâtiment et la fourniture des équipements, avec parfois des adaptations nécessaires aux besoins des expérimentations.

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