Réussir porc 26 mars 2013 à 10h17 | Par C.Gérard

La Russie à l'heure des grands chantiers

Pour tendre vers son autosuffisance en viande de porc, la Russie développe à marche forcée la création d’élevages par modules de 5 000 truies, s’inscrivant dans des filières verticales complètes.

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Un complexe de 5 000 truies construit en seulement 10 mois
Un complexe de 5 000 truies construit en seulement 10 mois - © greau

Des complexes de milliers de truies qui sortent de terre, des milliers d’hectares de cultures, l’usine d’aliment, l’abattoir et les magasins, le tout avec des capitaux prives, c’est le modele de developpement porcin qui se met en place en Russie.

 

Voila le message passe au coursde la journee organisee par Adisseo a Paris le 5 fevrier (voir page 48), au travers des presentations de Jan Peter Van Ferneij, economiste a l’Ifip, et Philippe Greau, consultant et manager d’un complexe porcin situe a 400 km de Moscou, Veli- kolulsky Svinovodchesky.

 

Si le gouvernement encourage ce developpement a tout va, c’est avant tout pour satisfaire une demande croissante de la population en viande de porc. Jan Peter Van Ferneij precise que la consommation interieure a double en douze ans, passant de 1,6 million de tonnes en 2 000 a plus de 3 millions en 2012. Dans le meme temps, la production qui s’etait effondree entre 1990 et 2000 a regulierement progresse, mais pas au meme rythme que la demande.

D’ou des importations croissantes de la Russie pour nourrir sa population.
Le pays a importe 650 000 tonnes en 2012, essentiellement d’Europe (don til est le second debouche apres la Chine) et du Bresil (respectivement 260 000 et 200 000 t), mais aussi des Etats-Unis et du Canada.

Une situation que le gouvernement ne souhaite pas voir perdurer. D’ou, selon certains observateurs, le retrait d’agrements d’abattoirs sous des pretextes sanitaires (plus ou moins averes ?) et, recemment l’interdiction d’importation de viande de porcs ayant reçu l’anabolisant Ractopamine.

Une decision qui a conduit le Bresil et le Canada a cesser cette pratique pour ce marche, tandis que les Etats-Unis entendent faire valoir la position de leur administration (Food and Drug) niant tout probleme lie a cette molecule.

Jan Peter Van Fer,eij, économiste à l'Ifip
Jan Peter Van Fer,eij, économiste à l'Ifip - © cg

Le developpement a grande echelle de la production porcine interieure est donc encourage par le gouvernement au travers de subventions et d’une fiscalite avantageuse.

 

« Sachant qu’en Russie, il y a de l’ar-gent ! », temoigne Philippe Greau. De l’argent provenant de l’energie, (gaz, petrole...) et autres secteurs d’activite aux mains de puissants hommes d’affaires. Ils voient dans cette production une opportunite a saisir et developpent des complexes tota- lement integres, allant de l’achat de terres jusqu’a la distribution de viande dans leurs propres magasins. Jan Peter Van Ferneij precise que chaque region veut developper ce type de production. De tels complexes se creent en particulier dans les zones cerealieres, et a une relative proximite des grandes villes. Philippe Greau rapporte pour sa part que les nouveaux complexes tendent a se developper progres- sivement vers l’Est, « suivant la route du Transsiberien."


Si la volonte politique et les capitaux sont bien la, le savoir-faire, lui est inexistant, selon les observateurs. C’est pourquoi les investisseurs se tournent vers l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, l’Amerique du Nord... Pour leur apporter quasiment « cles en main » les outils de production rassemblant les toutes dernieres technologies, comme en temoigne Philippe Greau ».

Ce developpement signe aussi la disparition des petits elevages, incapables de rivaliser avec ces megas élevages.

« Le prix du porc paye a chute de 33 % en six mois », annonce Jan Peter Van Ferneij. Une chute insupportable pour les petits producteurs « independants », mais gerable par les complexes d’integration qui, eux, peuvent jouer sur les differents centres de profit.

Le coup de grace des petits producteurs russes viendra aussi peut-etre de l’epidemie de peste porcine africaine qui se repand dans le pays et que les autorites sanitaires parviennent difficilement a maitriser.

Jan Peter Van Ferneij previent qu’il s’agit pourtant d’un probleme majeur a resoudre« si les Russes veulent atteindre leur objectif d’autosuffisance en 2020 et, meme, pourquoi pas, devenir exportateur de certaines pieces, notamment vers la Chine ! Mais il reste bien du chemin a parcourir pour en arriver la », previent-il.

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Wilfrid Maram POMARE | 28 mars 2013 à 00:45:29

J'aimerais bien avoir des documents plus complets avec les plans architecturaux de cette énorme installation intéressante dans le fond, qui irait bien pour la Polynésie française. Salutations. Wilfrid POMARE pomare.w@gmail.com

abel bitjong | 09 mars 2014 à 04:30:14

bonjour!très bonne revue de presse sur le developpement de l'élevage porcin en russie.comme l'a si bien demandé Wilfirid Pomare, je sollicite aussi obtenir un document plus détaillé de ce projet plus précisement un paln explicatif de son ensemble. me faire svp parvenir un mail à cette adresse.abelbitjong@gmail.com. merci

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