Réussir porc 17 juillet 2014 à 08h00 | Par Claudine Gérard

Le Canada a su éviter le pire face au virus de la DEP

Des foyers limités en Ontario. Les mesures de biosécurité mises en place au Canada ont permis de limiter l’introduction du virus de la DEP à une soixantaine de foyers, essentiellement en Ontario. Le virus aurait été introduit via de l’aliment contaminé.

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La filière canadienne a mis en place d’importants mesures de biosécurité 
pour se protéger.
La filière canadienne a mis en place d’importants mesures de biosécurité pour se protéger. - © C. Gérard

Observant la propagation de l’épidémie de DEP aux Etats Unis, partant de l’Iowa et remontant sans cesse vers le Nord, les canadiens ont mis en œuvre un maximum de mesures pour se protéger. « Les connaissances acquises aux Etats-Unis nous ont beaucoup aidé dans la compréhension de la propagation du virus et la gestion d’élevages infectés. Ceci a été un gros avantage pour le Canada, car nous disposions de tests de laboratoire et savions quelles mesures de biosécurité prioritaires devaient être mises en place, notamment au niveau des transports et de la désinfection des camions » explique Bernie Peet, Pork Chain Consulting, Alberta(1).
Les différents acteurs de la filière porcine canadienne se sont donc fortement mobilisés pour se prémunir. Ainsi, fin 2013, le Réseau Canadien de Surveillance de la santé porcine (RCCSP) multipliait les alertes à la DEP, annonçant une stratégie nationale comprenant, entre autres, des mesures de biosécurité accrues, une étroite surveillance de cas probables, avec une mise à jour continue de l’information.
Mais ces mesures n’ont pas complètement suffit à se prémunir du virus. Celui-ci est arrivé en Ontario et s’est propagé en deux vagues distinctes : une première du 22 janvier au 1er mars, surtout chez des naisseurs et post-sevreurs, et une deuxième, en mars et avril, surtout chez des engraisseurs, portant à une soixantaine le nombre total de foyers à fin avril, essentiellement en Ontario.

- © Infographie Réussir

Le plasma mis en cause


Les autres cas se situent dans le Manitoba, au Québec, et, ce qui a surpris tout le monde, sur l’île du Prince Edouard, dans un élevage que tous les observateurs qualifient de haut niveau en termes de biosécurité. Comment est donc apparu le virus dans cette île ?
C’est probablement le point de départ de l’enquête qui a permis de suspecter la voie alimentaire. À savoir du plasma porcin incorporé dans les aliments pour porcelets, plasma où le génome du virus a été détecté. Les autorités canadiennes ont en effet identifié le virus dans le plasma utilisé par un fabricant d’aliment et ont réussi à infecter des porcelets indemnes avec ce plasma, mais pas avec l’aliment complet.
André Broes, vétérinaire du laboratoire québécois Biovet confirme : « Nous avons testé des lots de plasma dans notre laboratoire et avons effectivement retrouvé le virus sur des échantillons datant de ce début d’année. Mais ceux que nous analysons aujourd’hui sont sains. Les fabricants d’aliment ont probablement changé de fournisseur et/ou été plus vigilants sur les process de traitements.

André Broes, vétérinaire Biover, Sainte-Hyacinthe, Québec. « Toute notre industrie porcine a pris les choses très 
au sérieux et les mesures de biosécurité ont prouvé leur efficacité. 
L’épidémie n’explose pas comme aux 
Etats- Unis. »
André Broes, vétérinaire Biover, Sainte-Hyacinthe, Québec. « Toute notre industrie porcine a pris les choses très au sérieux et les mesures de biosécurité ont prouvé leur efficacité. L’épidémie n’explose pas comme aux Etats- Unis. » - © DR

Puis la voie du transport


Le virus arrivé en Ontario par cette voie, sa propagation s’est ensuite probablement faite via les supports plus « classiques », essentiellement par le transport d’animaux entre sites ou à l’abattoir. André Broes précise : « Le Canada n’importe pas de porcs vivants en provenance des États-Unis, à l’exception de reproducteurs. Mais des porcelets sont exportés du Saskachewan vers les États-Unis, ainsi que des animaux de réforme. Ils transitent par des centres de rassemblement qui, potentiellement, sont des sources de contamination. »
Forts de leur expérience, les Canadiens peuvent apporter des recommandations aux bassins porcins encore indemnes du virus. André Broes précise qu’il faut particulièrement contrôler trois sources potentielles d’introduction du virus : les animaux vivants, les visiteurs et les ingrédients alimentaires. Et bien entendu ne rien lâcher sur les règles de biosécurité.

(1) PigProgress, 24 mars 2014.

 

Voir aussi articles " DEP, le cauchemar américain ", " Au Canada, le plasma suspecté de propager le virus de la DEP dans les élevages porcins ", " En Amérique du Nord, de gros budgets alloués à la lutte contre la DEP ",

- © DR

La désinfection des camions, le nerf de la guerre

Les transports d’animaux restent l’une des sources majeures de contamination des élevages. Compte tenu de l’extrême contagiosité du virus de la DEP, la qualité du nettoyage-désinfection des camions est essentielle. De même que le séchage qui, comme pour d’autres virus tels le SDRP, s’avère un complément au lavage très efficace pour la décontamination. Certains transporteurs ont pu s’équiper d’installations permettant ces opérations. Mais pas tous.
Et d’autres éléments peuvent rendre difficile le respect de protocoles stricts de nettoyage, comme les créneaux horaires ou le gel.

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