Réussir porc 24 mai 2017 à 08h00 | Par Claudine Gérard

Le Gouessant engage un développement raisonné et raisonnable de porcs bio

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- © legouessant.com

La coopérative lamballaise Le Gouessant est en cours de « construction » d'une filière de production de porcs bio, avec la conversion ou l'installation de sept producteurs à ce jour, au sein d'un « modèle » parfaitement calé de l'amont à l'aval. À savoir un type d'élevage naisseur-engraisseur bien défini tant au niveau de la conduite d'élevage que du type de bâtiments, et, au final un débouché garanti pour des volumes précis avec un contrat de prix de reprise des porcs sur dix ans.

David Brillouet, responsable porc du Gouessant, en détaille le contenu. Au niveau des producteurs, tout d'abord, il précise le profil des élevages candidats : des ateliers naisseur-engraisseurs de 70 à 140 truies (donc un à deux UTH), avec un lien au sol, des équipements d'alimentation automatisés (machine à soupe ou multiphase) permettant de maîtriser les distributions d'aliments. Le service bâtiment a conçu un plan type sur les principes suivants : séparation des différents bâtiments - verraterie gestante, maternité, PS et engraissements - avec marche en avant, respect facile des règles de biosécurité... Les techniciens sont allés voir ce qui se faisait en Europe du Nord où le bio est plus présent. Ils se sont inspirés de leur parc bâtiment plus moderne qu'en France, tout en l'adaptant car la réglementation varie d'un pays à l'autre. "Ainsi la paille n'est pas obligatoirement bio en France, ce qui nous permet de faire des plus grands bâtiments sans courettes extérieures, tout en restant conformes aux exigences du bio avec, évidemment le respect des surfaces au sol imposées à chaque stade. Au final, là où nous pourrions loger 240 truies en système naisseur-engraisseur conventionnel, nous en logeons 85 en production bio. Soit trois fois moins, et, bien sûr, un surcoût de la place conséquent. » Plus précisément, ce bâtiment type conduit à un coût de 10 000 euros par truie et sa suite, « soit le double du prix dans un système conventionnel ».

Un contrat qui garantit le débouché et le prix

Dans ces conditions, comment convaincre les banquiers ? Avec une assurance de débouché et de prix. C'est ce qu'a obtenu le Gouessant en partenariat avec un abatteur et une enseigne de distribution (qui ne souhaitent pas être cités). Celle-ci, en recherche de produits en quantité et qualité suffisantes de porcs bio origine France pour alimenter ses magasins en jambons et viande fraîche, a signé pour la fourniture de 200 porcs bios par semaine produits selon le cahier des charges Gouessant. « La demande en jambons pouvait doubler ces volumes. Mais ces volumes n'auraient pas trouvé de marché pour la viande fraîche. Or la pérennité de cette filière passe par l'équilibre carcasse. Il est donc essentiel de ne produire que ce qui peut être valorisé en totalité, sous peine de déstabiliser le marché », affirme David Brillouet. Par ailleurs, l'abatteur s'engage auprès de la Section fermière du Gouessant, qui sera l'organisation de vente des porcs bio, sur un contrat de reprise des porcs, indexé sur le prix de l'aliment, et conclu pour dix ans. « Ce contrat vise à assurer la rentabilité de la production pour les éleveurs, mais aussi pour l'enseigne. Dans ces conditions, les banquiers sont rassurés sur la pérennité des élevages candidats aux investissements. »

Aujourd'hui, sept élevages de 50 à 140 truies sont en cours de transformation pour produire dès le mois de mars les porcs attendus par Kermené. Des éleveurs qui produiront dans un souci d'efficience technique, de maîtrise des coûts de production, avec tous les enregistrements de suivi nécessaires, et qui formeront un groupe de travail où les échanges respectifs sur les plans techniques et économiques seront facteurs de progrès.

Voir aussi article Porc bio, nouvelle vague

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