Réussir porc 10 décembre 2013 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Le marché à livraison différée de Plérin au point mort

Seulement 20 000 porcs charcutiers ont été commercialisés dans le cadre du marché à livraison différée.

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Le marché à livraison différée des porcs charcutiers n’a pas réussi son pari de se développer parallèlement au marché spot.
Le marché à livraison différée des porcs charcutiers n’a pas réussi son pari de se développer parallèlement au marché spot. - © D. Poilvet

Lancé en septembre 2011 au Marché du porc breton, le marché à livraison différée des porcs charcutiers n’a pas réussi son pari de se développer parallèlement au marché spot. « Dans les semaines qui ont suivi le lancement de ce marché, environ 20 000 porcs ont été contractualisés sous cette forme », indique Jean-Pierre Joly, le directeur du MPB. Mais bien vite, les volumes ont diminué. Aujourd’hui, il n’y a plus de transactions dans le cadre du marché à livraison différé, faute de vendeurs, et surtout d’acheteurs, Kermené ayant été le seul abatteur à se déclarer intéressé.
« La filière française n’est pas mûre pour ce type de transaction, d’autant plus qu’il n’existe pas de marché à terme en Europe qui pourrait donner des indications sur les tendances à long terme », soulignait Estelle Antoine, économiste à l’Ifip, lors de la matinale organisée par l’institut sur ce sujet le 12 septembre dernier au Space.
Mais ce qui manque le plus, de l’avis de tous les professionnels présents dans la salle, c’est l’absence de contractualisation entre les abattoirs et leurs clients de l’aval. « Les transactions se font de gré à gré, sur la base du marché de Rungis moins 15 à 20 centimes par kilo », confirme François Calvar, acheteur au marché du porc breton pour Gad. Or, le marché à livraison différé entre éleveurs et abatteurs ne peut fonctionner que si les abattoirs font la même chose avec leurs clients. « Si la contractualisation s’arrête à l’abattoir, ça ne peut pas marcher », affirme Estelle Antoine. Cependant, l’idée de contractualiser les ventes de porcs charcutiers n’est pas définitivement enterrée, du moins chez Syproporcs, qui était à l’initiative du marché à livraison différée. Selon Daniel Bellec, son directeur, une quarantaine d’éleveurs du groupement vendent toujours une partie de leur production sous cette forme à Kermené. « Sur le marché spot, les éleveurs subissent des écarts de cotation importants », souligne-t-il. « Pour qu’ils soient moins dépendants de ces fluctuations, le marché à livraison différé est la solution idéale. On y viendra tôt ou tard. Ce n’est pas par hasard si la contractualisation des ventes s’est imposée aux Etats-Unis, où les amplitudes de cotation des marchés spot sont énormes. »

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