Réussir porc 08 décembre 2016 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Le porc Capelin, l’atout qualité du Cantal

Une filière Porc Montagne. Dans les montagnes du Massif Central, la coopérative Altitude et son groupement CAPP se reposent sur leur marque le Capelin pour développer la production porcine de la région.

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Le porc Capelin est élevé sur litière. Le bâtiment type proposé par CAPP est conçu pour recevoir des lots de 200 porcelets toutes les neuf semaines (un post-sevrage et deux engraissements de 200 places chacun), ce qui permet une production annuelle de 1100 porcs charcutiers.
Le porc Capelin est élevé sur litière. Le bâtiment type proposé par CAPP est conçu pour recevoir des lots de 200 porcelets toutes les neuf semaines (un post-sevrage et deux engraissements de 200 places chacun), ce qui permet une production annuelle de 1100 porcs charcutiers. - © D. Poilvet

Ni label rouge, ni bio, le porc Capelin est tout simplement une marque appartenant au groupe Altitude, une importante coopérative polyvalente du Massif Central basée à Aurillac dans le Cantal. Le cahier des charges de ce porc a été élaboré avant tout pour favoriser la qualité de la viande : carcasses lourdes (gamme de poids comprise entre 80 et 120 kg), engraissement sur paille avec une surface de 1,2 m2 par porc, incorporation de farine de châtaigne dans l’aliment finition, et une génétique composée à 50 % minimum de Large-White, ce qui exclut de facto le verrat Piétrain pur en lignée mâle. À cela s’ajoute l’origine des porcs, obligatoirement nés et élevés en zone de montagne, dans le département du Cantal et les cantons limitrophes. Ils doivent être abattus et transformés à Aurillac dans des outils du groupe. La touche locale est confortée par l’origine des céréales qui composent l’aliment, dont 25 % au moins sont issues de zone montagne. "Toutes ces caractéristiques font du porc Capelin un produit haut de gamme, vendu uniquement chez des bouchers et des restaurateurs, en France et à l’étranger", explique Jean-François Greiveldinger, directeur commercial de Cantal Salaisons, l’une des deux filiales du groupe Altitude spécialisées dans la production de charcuterie. Un créneau haut de gamme, qui, selon lui, est en pleine expansion. "Depuis deux ans, la production de porc Capelin peine à suivre l’augmentation de la demande. Aujourd’hui, les consommateurs recherchent de plus en plus de la viande et des charcuteries de hautes qualités organoleptiques. Ils veulent aussi consommer des produits "locaux", porteurs d’une éthique sociétale forte. Le Porc Capelin leur offre tout cela. Mais pour confirmer ce succès commercial, la production doit se développer !"

10 500 porcs Capelin en 2015

Un message reçu cinq sur cinq par Jean-Luc Doneys, le directeur du groupement CAPP, qui fédère 40 éleveurs de porcs et a commercialisé 40 000 porcs charcutiers en 2015, dont 10 500 porcs Capelins. "Notre objectif est d’arriver rapidement à 15 000 porcs Capelin par an pour satisfaire la demande", affirme-t-il. Pour lui, il existe un réel potentiel de développement de la production sur la zone d’activité du groupe Altitude. "Beaucoup d’agriculteurs de la région veulent développer une production complémentaire à leur activité principale de vaches laitières ou de vaches allaitantes." Le modèle type proposé par la coopérative est un atelier de post sevrage-engraissement sur litière, conçu pour recevoir des lots de 200 porcelets toutes les neuf semaines (un post-sevrage et deux engraissements de 200 places chacun), ce qui permet une production annuelle de 1100 porcs charcutiers. Les porcelets sont fournis par la maternité collective de Coste Chaude détenue par la coopérative et des engraisseurs du groupement. Le groupe Altitude fournit l’aliment via ses deux usines Centraliment et Equation. La fabrication des aliments à la ferme est encouragée pour ceux qui disposent de céréales à valoriser. Les porcs sont abattus à l’abattoir Covial d’Aurillac, filiale d’Altitude.

- © Infographie Réussir

Un prix plancher de 1,177 €/kg

Jean-Luc Doneys compte sur une rémunération attractive des porcs charcutiers et sur la synergie qui existe entre les différents maillons de la filière Altitude pour assurer le développement de la production. Aujourd’hui, les producteurs de porcs Capelin, rémunérés sur la base du cadran breton, bénéficient d’un prix de base plancher de 1,177 €/kg. "Les crises qui atteignent régulièrement la production porcine ne doivent pas constituer des points de blocage au développement de la production", justifie-t-il. La plus-value Capelin est de 19 centimes pour les porcs dont le TMP est supérieur à 56. Elle s’ajoute à la plus-value technique et à la prime traçabilité de 2 centimes. "À terme, notre objectif est de sécuriser totalement le revenu des éleveurs de porcs Capelin en leur proposant une prime filière variable en fonction des cours, afin que le prix de vente soit stable." Par ailleurs, de nouvelles aides financières ont été allouées pour la production de porcs montagne. La prime européenne ICHN (indemnité compensatoire de handicap naturel) attribuée aux surfaces agricoles situées en zone montagne (plus de 600 mètres d’altitude) est majorée depuis peu de 10 % si les céréales sont destinées à alimenter des porcs montagne. Les subventions PCAE (Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles) gérées par la région peuvent représenter jusqu’à 40 % du coût des bâtiments, neufs ou rénovés. La coopérative Altitude propose également un prêt à taux réduit et une sécurisation du revenu des jeunes investisseurs.

Trois nouveaux ateliers en 2016

Depuis le début de 2016, trois nouveaux ateliers d’engraissement de porcs Capelins ont été créés, en Haute-Loire, dans le Cantal et dans le Lot (voir ci-dessous). "Il nous faudrait encore cinq ateliers supplémentaires pour répondre aux besoins de l’aval", souligne Xavier Legrand, responsable développement porc à la CAPP. Un potentiel de développement qui, certes, n’a rien à voir avec les filières industrielles de l’Ouest, mais qui démontre que le développement porcin en France ne doit pas reposer sur un modèle unique et qu’il existe encore des opportunités pour des ateliers de petite taille, adossés à une filière permettant la valorisation des produits.

La filière porc Montagne du groupe Altitude

. Deux usines d’aliment Centraliment et Equation : 25 000 tonnes de céréales collectées dans la région Auvergne-Limousin et 15 000 tonnes d’aliments porcs par an

. Groupement porc CAPP (Coopérative Agricole des Producteurs de Porcs) : 40 éleveurs, 40 000 porcs charcutiers commercialisés en 2015, dont 10 500 porcs Capelins.

. Maternité collective Coste Chaude à Leotoing en Haute-Loire : 1 200 truies, 26 000 porcelets produits par an

. Abattoir Covial à Aurillac 3000 tonnes de porcs traitées chaque année

. Deux outils de transformation Cantal Salaisons à Aurillac et Porcentre à Volvic (Puy de Dôme)

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