Réussir porc 09 janvier 2014 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Le porc fermier d’Auvergne veut pérenniser ses volumes

Production en plein air. Le maintien de la production de porcs fermiers d’Auvergne label rouge passe par la création de nouveaux bâtiments semi-ouverts avec accès à des parcours.

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Les porcs fermiers d’Auvergne ont accès à un parcours de 83 m2 de surface par animal à partir de 15 semaines d’âge.
Les porcs fermiers d’Auvergne ont accès à un parcours de 83 m2 de surface par animal à partir de 15 semaines d’âge. - © D. Poilvet

Franck Pitulat est agriculteur au Louroux de Beaune, dans l’Allier. En parallèle à son troupeau de 60 vaches allaitantes, il exploite un atelier d’engraissement de porcs fermiers d’Auvergne de 450 places. Jusqu’à cette année, les porcs étaient logés dans des cabanes en tôles. Désormais, ils bénéficieront d’un bâtiment isolé et ventilé pour s’abriter. Seule différence avec un bâtiment classique, un portillon pour chaque case permettant aux animaux d’accéder à un parcours extérieur. « Après les cabanes, qui constituent un excellent moyen pour démarrer, c’est une suite logique pour travailler dans de meilleures conditions et améliorer les performances des animaux », justifie l’éleveur. Malgré un coût de bâtiment relativement élevé (240 000 euros, soit 531 euros de la place, hors subventions), le prix de vente indexé sur le prix de l’aliment Ifip et une prime label rouge de 36,2 c/kg sécurisent la marge, d’autant plus que prix de l’aliment spécifique pour cette production ne coûte pas beaucoup plus cher qu’un aliment standard. « Et dans ces bâtiments dont l’ambiance est bien maîtrisée, les résultats techniques sont bons, tant en terme d’indice de consommation que de performances d’abattage, puisque les porcs peuvent être rationnés en fin d’engraissement », affirme Jean Luc Théveniot, technicien Cirhyo, le seul groupement impliqué dans cette production.

Luc Mary, directeur de Sicaba-Hassenforder.
Luc Mary, directeur de Sicaba-Hassenforder. - © D. Poilvet

Une viande destinée uniquement aux bouchers-charcutiers


La production de porc fermiers d’Auvergne, assurée par 35 éleveurs, est de 530 porcs par semaine. Les animaux sont abattus à l’abattoir Sicaba-Hassenforder à Vichy (Allier), spécialisé dans les productions sous signes de qualité. « Nous commercialisons les produits issus des porcs fermiers d’Auvergne uniquement auprès des bouchers-charcutiers de la région, à Paris et à Lyon », précise Luc Mary, le directeur de l’entreprise. Une exclusivité qui permet à ses clients de se démarquer vis-à-vis des grandes surfaces et de mieux valoriser les carcasses. « Ce qui compte pour mes clients, c’est d’avoir des carcasses correspondant exactement à leurs souhaits, livrées en temps et en heure. Une petite entreprise comme Sicaba-Hassenforder dispose d’un savoir faire et d’une logistique performante pour répondre à ces exigences. » Les caractéristiques de la production aident bien sûr à la vente : « Les consommateurs retiennent avant tout un mode d’élevage en plein air, la qualité des aliments et celle du produit : un meilleur goût, une viande mature, moins d’exudat… » Conscient des difficultés de la production, mais attaché à maintenir les volumes actuels, l’abatteur garantit une prime conséquente aux éleveurs et accepte une déconnexion du prix de vente vis-à-vis du cadran breton. « Cela rassure aussi les bouchers-charcutiers d’avoir un prix d’achat stable. » Luc Mary croit fermement à la pérennité du porc fermier d’Auvergne. « Il y aura toujours de la place pour les petites productions de qualité, à condition d’avoir une filière bien organisée : des éleveurs disposant d’outils de production performants, un groupement qui organise efficacement la production et les livraisons à l’abattoir, et un aval constitué d’entreprises spécialisées dans la valorisation des produits de qualité, un créneau délaissé par les gros opérateurs. »

En savoir plus avec le cahier des charges du porc fermier d’Auvergne


• Zone géographique : Auvergne et cantons limitrophes
• Conditions d’élevage : Surface de bâtiment : 0,6 m2/porc minimum. Accès au plein air au plus tard à l’age de 15 semaines. 83 m2 de parcours/porc.
• Alimentation : 75 % minimum de céréales après 12 semaines
• Age d’abattage : 182 jours minimum
• Certification des carcasses : 80 kg minimum ; M2 ≥ 46 et G2 ≥9
• Rémunération des porcs : Prix compris entre 1,35 et 1,75 €/kg indexé sur le prix de l’aliment Ifip. Plus-value label rouge de 0,362 €/kg, ajoutée à la plus value technique du lot.

- © Porc fermier d'Auvergne

Les chiffres 2012 des porcs fermiers d’Auvergne


• 35 producteurs
• 21 323 animaux labellisés
• 91,7 kg de poids moyen
• 80,5 % de labellisation

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