Réussir porc 25 octobre 2013 à 08h00 | Par Claudine Gérard

Les bâtiments de demain seront truffés de capteurs

La journée technique du Zoopole consacrée à l’innovation laisse présager sans aucun doute que le pilotage des bâtiments d’élevage passera par un ensemble de capteurs qui permettront une gestion et une surveillance à distance.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © Infographie Réussir

«Les automatismes sont possibles à tous les étages de l’élevage, de la gestion des intrants à la sortie des produits », résume Alassane Keïta, chef du service d’élevage à l’Anses Ploufragan, en introduction à la journée du 21 juin intitulée : « L’innovation et la domotique au service de la performance en élevage ».
Pour les différents intervenants qui se sont succédés au cours de cette journée, il ne fait aucun doute que les capteurs vont en effet s’imposer à tous les niveaux pour plusieurs raisons. Tout d’abord, compte tenu du contexte dans toutes les filières, chaque éleveur sera amené à s’occuper d’un nombre croissant d’animaux. Par ailleurs, il faudra toujours davantage s’appuyer sur le progrès technique pour rester compétitif. Enfin, les innovations en cours ou futures, vont toutes dans le sens d’un meilleur confort pour l’homme et l’animal. « L’ensemble des techniques visant à intégrer tous les automatismes aboutit au concept d’élevage de précision (PLF pour Precision Livestock Farming). Le but est d’accompagner l’éleveur, et non de le remplacer », prévient-il.

Erik Vranken, université de Louvain, Belgique. « Dans le futur, 
les animaux 
vivront dans un environnement intelligent basé 
sur la mesure 
de la satisfaction 
de leurs besoins. »
Erik Vranken, université de Louvain, Belgique. « Dans le futur, les animaux vivront dans un environnement intelligent basé sur la mesure de la satisfaction de leurs besoins. » - © C. Gérard

Ce concept de PLF occupe toute une équipe de chercheurs de l’université de Louvain, en Belgique, comme l’a expliqué un de ses professeurs, Erik Vranken, par ailleurs consultant pour Fancom. Ces universitaires travaillent sur la mise au point d’automates qui analysent en continu divers paramètres de l’élevage de porcs, volaille ou vaches laitières avec un schéma bien établi : l’analyse des intrants (eau, aliment) et la mesure sur l’animal (son comportement, ses consommations, son poids) fournissent une multitude de données qui sont continuellement analysées et confrontées à des données « théoriques ». Tout écart significatif déclenche alors une alerte qui doit éveiller l’attention de l’éleveur (voir schéma). Parmi les nombreuses applications présentées, Erik Vranken détaille une application pour des porcs en engraissement. Les consommations d’eau et d’aliment sont enregistrées en continu au moyen de capteurs, tandis que la croissance des porcs est calculée via une caméra (eYeScan) qui calcule la surface de l’animal lorsqu’il est au nourrisseur (le système est en développement pour la soupe, mais s’avère plus compliqué compte tenu du temps passé à l’auge). Ces paramètres consommations/croissances sont mis en relation et confrontés à des données théoriques adaptées à chaque élevage. « En cas de déviation, l’éleveur est alerté et pourra donc aller directement dans la case incriminée pour détecter la nature du problème et apporter les mesures correctives adéquates », justifie le professeur.

- © Infographie Réussir

Des alertes sur ordinateur, tablette, smartphone


Autre application issue des recherches de l’université de Louvain, le PCM (Pig Cough Monitor) présenté par Jean-Pierre Guillou, Fancom… Des micros sont installés à plusieurs endroits de la salle et enregistrent de façon spécifique les éternuements et la toux des porcs. Le challenge est de bien distinguer les bruits généraux de la salle (claquements de porte, systèmes d’alimentation, ventilateurs, bruit des animaux…), de la toux, et de localiser ces toux et éternuements dans la salle (une case en particulier, ou toute la salle…). Ces micros sont reliés à une unité centrale qui traite l’information. Si le PCM enregistre un écart “ hors tolérance ”, l’ordinateur déclenche une alerte à l’éleveur sur son ordinateur, sa tablette ou son smartphone. « L’éleveur, en se connectant, visualise l’endroit du problème et peut donc prendre les mesures nécessaires, consulter son vétérinaire, vérifier sa ventilation… », argumente Jean-Pierre Guillou qui annonce que seize élevages sont déjà équipés du PCM en Europe et qu’un élevage français le sera en septembre prochain, avec un suivi mené par l’Ifip.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Porc se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui