Réussir porc 07 mars 2016 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Les Danois champions d’Europe de la productivité du travail

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Un salarié coûte 23 euros de l’heure au Danemark.
Un salarié coûte 23 euros de l’heure au Danemark. - © J.-J. Biteau/archives

Alors que la France est à 18 heures de travail par truie et par an, les Hollandais sont à 16,7 heures, les Espagnols à 16 heures et les Danois à 14,8 heures. "Les éleveurs de ces pays bénéficient de la restructuration et de la concentration importante de leurs élevages, alors que cette restructuration a pris du retard en France", rappelle Christine Roguet, ingénieur à l’Ifip. Au Danemark, 98 % des truies sont logées dans des élevages de 200 truies et plus. C’est aussi le cas pour 95 % des truies hollandaises et 87 % des truies espagnoles. En France, les élevages de plus de 200 truies ne concernent que 62 % du cheptel reproducteur. Or, selon Christine Roguet, il existe une réelle corrélation entre la taille des élevages et le temps de travail ramené à la truie. "Cette corrélation est la résultante des économies d’échelle et de la spécialisation du travail : meilleure optimisation de la conduite en bandes, automatisation importante des équipements, agencement des bâtiments, salariés spécialisés plus efficaces…" Avec cependant des particularités entre pays. Les pays du nord de l’Europe visent un UTH pour 400 truies naisseur 25 kg. Mais les Hollandais sont les champions de l’organisation du travail et de la sous-traitance, alors que les Danois misent fortement sur la gestion des ressources humaines, la motivation et la cohésion des salariés, "des aspects essentiels pour eux puisque la main-d’œuvre salariée représente 70 % de la main-d’œuvre totale". Cependant, ces deux pays sont pénalisés par un coût horaire du travail beaucoup plus élevé qu’en France. Un salarié coûte 23 euros de l’heure au Danemark et 24 euros en Hollande, contre 19 euros en France. "Les éleveurs français n’ont pas de complexes à avoir vis-à-vis de leurs homologues nord-européens", affirme Christine Roguet. Pour elle, la productivité du travail des éleveurs français peut rapidement se hisser au niveau des meilleurs européens. "À condition qu’on leur laisse la possibilité d’investir et de restructurer leurs élevages", conclut-elle.

- © Infographie Réussir

 

 

Voir aussi article " S'organiser pour mieux travailler ".

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