Réussir porc 19 mai 2015 à 08h00 | Par La rédaction

Les exportations espagnoles explosent

Les États membres et la France constituent toujours l’essentiel des destinations à l’export pour le porc espagnol. Mais les débouchés vers les pays tiers connaissent une croissance exceptionnelle, en particulier vers la Chine qui devient le cinquième client des Espagnols.

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Le taux d'autosuffisance de 145 % oblige les Espagnols à trouver d'importants débouchés à l'export.
Le taux d'autosuffisance de 145 % oblige les Espagnols à trouver d'importants débouchés à l'export. - © C. Gérard

L’année 2014 se solde par 1,275 million de tonnes de porc (viande, produits et sous-produits) exportées par l’Espagne, soit une progression de quasiment 10 % par rapport à 2013. Un record qui débouche sur un excédent commercial annoncé de trois milliards d’euros. Les exportations ont en effet atteint 3,327 milliards, tandis que le montant des importations, restées stables, s’est établi à 300 millions d’euros, selon Buxadé Carbo, économiste de l’Université polytechnique de Madrid (1).

Les Espagnols ont en effet cherché des débouchés à leur production qui ne cesse de croître tandis que la consommation intérieure baisse régulièrement. Elle est passée de 52,3 kg par habitant et par an en 2009 à 46,3 kg en 2013 selon l’économiste. Tandis que, dans le même temps, l’abattage a grimpé de 40,1 à 47,2 millions de porcs, soit un taux d’autosuffisance qui dépasse aujourd’hui les 145 %.

- © Infographie Réussir

La France reste le premier client des Espagnols

L’Europe constitue toujours le premier débouché des exportations espagnoles malgré une baisse relative qui porte la part de l’UE de 80 % à 75 % des débouchés espagnols. La France reste le premier client, avec 317 000 tonnes en 2014, soit 24,8 % du total des exportations, un chiffre en constante progression selon l’Ifip bien que l’Espagne annonce une baisse de 7 % en 2014.

Mais la nouvelle donne est l’importance croissante des pays asiatiques dans les débouchés des porcs espagnols. + 37 % vers la Chine, + 86 % vers le Japon, + 258 % vers la Corée, + 101 % vers les Philippines… entre 2013 et 2014. Ces quatre destinations représentent un total de près de 220 000 tonnes, soit 17 % des 1,275 million de tonnes exportées et 2,5 milliards d’euros (+ 137 millions de plus qu’en 2013).

Les Espagnols se sont donc affranchis de l’embargo russe qui « les a touchés à trois reprises », selon les responsables de l’association nationale porcine Anprogapor (2). En 2013, la majorité des entreprises espagnoles étaient déréférencées par les Russes pour raisons sanitaires. « La bonne réactivité de l’industrie porcine a permis d’en minimiser les conséquences en trouvant d’autres marchés à l’export. » Mais à la fin de l’été, l’embargo russe qui a touché toute l’Europe porcine (pour cause de peste porcine africaine) est à nouveau venu perturber le marché espagnol, les pays concernés cherchant évidemment de nouveaux débouchés et entrant en concurrence avec l’Espagne. Puis la fermeture du marché russe à l’ensemble des pays occidentaux, Europe, Canada, Australie, cette fois sur fond de crise ukrainienne, a de nouveau mis en concurrence la viande espagnole avec celle de l’EU et du Canada sur ces marchés asiatiques.

- © Infographie Réussir

Des atouts pour l’Asie

Le pays a toutefois « passé » ces trois crises avec succès. Les Espagnols l’expliquent par la compétitivité du secteur, le statut sanitaire en progrès constant, la qualité des produits à base de Duroc, très prisés par les Asiatiques, et la capacité à satisfaire des marchés avec des produits bien différenciés, « ce que ne peuvent pas faire les danois avec un produit standardisé », justifie Francesc Ollé Marrugat, directeur du marché du porc Mercolleida. Mais ils admettent que cette bonne santé à l’export reste très dépendante du maintien d’un statut sanitaire fragile qui justifie que des efforts soient poursuivis, notamment en matière de biosécurité. Conscientes de l’enjeu, les autorités de Catalogne ont déployé depuis novembre dernier un vaste plan pour augmenter la biosécurité, notamment au niveau des transports et à travers des sessions de formation des éleveurs.

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