Réussir porc 30 janvier 2015 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Les fournisseurs du monde entier se retrouvent à EuroTier

Le salon allemand qui a lieu tous les deux ans à Hanovre est l'occasion pour les entreprises du secteur animal de présenter leurs dernières innovations.

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EuroTier met en lumière les nouvelles tendances pour les professionnels de l'élevage. (© Eurotier) Tuffigo-Rapidex utilise Eurotier comme rampe de lancement pour exporter ses produits vers les pays d'Asie et d'Europe de l'Est. © D. Poilvet ARC est l'une des nombreuses entreprises de nutrition animale à étendre son activité  à l'extérieur de la France pour développer son chiffre d'affaires. © D. Poilvet La diversité des langues utilisées pour présenter les produits de la Cooperl à Eurotier témoigne de l'activité de l'entreprise à l'étranger. © D. Poilvet Le chariot électrique à cadavres de Meier-Brackenberg est équipé de deux moteurs électriques pour son déplacement et pour le chargement des animaux. © D. Poilvet Le Hy Care de MS Schippers révolutionne le logement des truies en maternité, avec une case mobile sur rails qui optimise les tâches et favorise une meilleure hygiène. © D. Poilvet Avec le PEF system, Big Dutchman a pour ambition de valoriser le maïs ensilage plante entière dans l'alimentation des porcs charcutiers. © D. Poilvet L'ARV Climate computer de Möller propose une nouvelle approche de la gestion de l'ambiance des bâtiments d'élevage. © D. Poilvet Bröring commercialise une machine qui peut distribuer du lait à volonté aux porcelets dans plusieurs cases de maternité © D. Poilvet EuroTier 2014 a accueilli quelque  156 000 visiteurs. La prochaine édition du salon se tiendra du 15 au 18 novembre 2016. © D. Poilvet

À EuroTier, les entreprises allemandes ne représentent que la moitié de l'ensemble des exposants. Ce fait traduit à lui seul la dimension internationale de ce salon qui attire tous les deux ans plus de 150 000 visiteurs, dont 30 000 internationaux. Tous les continents sont représentés, avec en particulier l'Asie où la production porcine est en train de prendre une nouvelle dimension. Les entreprises françaises, génétique, équipement et nutrition notamment, en profitent pour trouver de nouveaux marchés. ADN, Nucléus, Gène +, Choice Genetics subissent le coup d'arrêt de la fermeture des frontières russes, mais placent beaucoup d'espoirs dans les marchés asiatiques. En nutrition, les firmes services telles que CCPA, Techna, ou encore MG2mix exportent leur savoir-faire, alors que des petites entreprises comme ARC, Vitalac ou Newborn Animal Care, filiale du Gouessant, font la promotion de leurs produits à forte valeur ajoutée.


Les poids lourds allemands font le buzz


Dans le domaine des équipements d'élevage, ce sont souvent les mêmes entreprises qui exportent depuis plusieurs années vers les pays de l'Est et en Asie. Ce n'est pas par hasard si on retrouve les entreprises les plus dynamiques du marché français : I-tek, Tuffigo-Rapidex, Sodalec, Cooperl, Systel, Galvelporc... commercialisent les produits qui font leur succès en France, sur des marchés où ils sont fortement concurrencés par les poids lourds allemands, hollandais ou danois.
Des poids lourds qui, comme tous les deux ans, ont fait le buzz avec leurs nouveautés. Big Dutchman travaille actuellement sur la valorisation du maïs plante entière dans l'alimentation des porcs charcutiers. Cet équipement, appelé PEF System, a reçu une médaille d'or qui distingue les innovations présentées à EuroTier. Dans un premier temps, l'ensilage est mélangé avec de l'eau pour constituer une présoupe. Il est finement broyé, pour ensuite passer dans un champ électrique qui est censé casser les fibres végétales de la plante pour les rendre plus digestible. Le maïs plante entière est actuellement testé à un taux d'incorporation de 15 % dans l'aliment des porcs charcutiers. L'entreprise se refuse pour le moment de communiquer les résultats techniques d'un procédé qui n'en est encore qu'à sa phase expérimentale.
Big Dutchman propose également une hélice de machine à soupe dont le niveau s'ajuste en fonction du remplissage de la soupière. L'objectif est d'avoir une soupe toujours homogène quelle que soit la quantité préparée.

 

Des médailles, des prototypes... les nouveautés techniques se distinguent


Médaille d'or également pour MS Schippers, qui a fait la sensation avec Hy Care, une case de maternité mobile sur rail. Le bâtiment conçu pour accueillir ces cases comprend des salles dédiées à l'allaitement, aux soins et au nettoyage, vers lesquelles les cases se déplacent pour chacune de ces tâches. Elles sont constituées d'un bac monobloc qui optimise l'hygiène. Un capteur de pesée permet d'évaluer en permanence le poids des animaux. Cet équipement n'en est encore qu'au stade de prototype. Son coût n'a pas été communiqué. Schippers compte sur l'amélioration des performances techniques des porcelets et l'optimisation du sanitaire pour amortir le surcoût.
Avec le Condiwatch développé par l'université d'Humboldt à Berlin, il est désormais possible de prévoir le taux de muscle et de gras des porcs charcutiers avant qu'ils soient abattus. Cette méthode utilise l'impédance bioélectrique, une technique couramment utilisée en médecine humaine. Cette technique est fondée sur la particularité que présente la graisse à s'opposer au passage d'un courant électrique, ce qui n'est pas le cas des tissus musculaires. En faisant parcourir un courant électrique de faible intensité à travers le corps, on peut ainsi mesurer son taux de graisse. De petites brosses en acier situées dans la case qui pèse individuellement les animaux font office d'électrodes entre lesquelles passe le courant, totalement indolore pour l'animal.
Toujours dans le domaine des prototypes, l'ARV climate computer proposé par Möller met à disposition des animaux trois pipettes distinctes qui distribuent de l'eau à trois niveaux de température différents. Si l'eau la plus froide est la plus consommée, c'est que les animaux subissent un stress thermique. À l'inverse, la consommation d'eau chaude donne le signal d'une température de la salle trop froide. Pour l'entreprise allemande, ce procédé encore expérimental pourrait bientôt offrir aux éleveurs une nouvelle approche de la gestion de l'ambiance des salles.


Les machines à lait reviennent sur le devant de la scène


Dans un domaine plus en lien avec le quotidien des éleveurs, Meier-Brakenberg a été distingué pour son nouveau chariot électrique transporteur de cadavres particulièrement bien conçu. Un premier moteur électrique permet à l'appareil de se mouvoir. Il dispose d'une petite plateforme pour transporter l'opérateur. Un second moteur entraîne des rouleaux crantés qui soulèvent le cadavre sur le chariot. Avec ce procédé, l'entreprise allemande assure que l'éleveur n'a pas besoin de toucher l'animal durant son chargement.
L'essor de la prolificité en Allemagne remet les machines à lait sur le devant de la scène d'EuroTier. Bröring propose une distribution de lait reconstitué aux porcelets en maternité avec son Culina Cup Line. Le lait arrive dans de petites coupelles par une tige centrale actionnée par les animaux. Ces coupelles sont reliées à une machine à lait par un tuyau PVC. Leur faible contenance garantit un lait frais et de qualité. Une petite rondelle est prévue pour bloquer la tige si la distribution de lait doit être arrêtée.

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