Réussir porc 29 novembre 2016 à 08h00 | Par Claudine Gérard

Les Pays-Bas en marche vers des changements structurels

Un groupe de travail a élaboré un plan stratégique pour que la production porcine survive aux difficultés du secteur. Il devrait conduire à des cessations d’activité et un changement de comportement des éleveurs qui resteront.

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La filière a mis en place un contrôle qualité qui permet à la distribution d'attribuer de une à trois étoiles aux produits du porc selon le bien-être de l'élevage dont il sont issus.
La filière a mis en place un contrôle qualité qui permet à la distribution d'attribuer de une à trois étoiles aux produits du porc selon le bien-être de l'élevage dont il sont issus. - © DR

Ils sont aujourd’hui 5 000 producteurs de porcs aux Pays-Bas. Mais 2 000 peuvent « survivre » et la filière porcine hollandaise doit entamer une profonde restructuration pour que tous les maillons, de la génétique à la distribution, puissent envisager un futur viable. C’est une des conclusions majeures d’un groupe d’experts constitué par les professionnels, le gouvernement et Rabobank, appelé « Action plan to revitalise pig farming » (1). Pour la nouvelle structure POV, association des producteurs de porcs hollandais, il s’agit tout simplement « de sauver une industrie en crise depuis pas mal de temps ».

Plus en détail, ces experts préconisent des mesures fortes pour les éleveurs hollandais : produire ce que demande le marché, rechercher davantage de coopérations et contractualiser avec les entreprises de transformation et de distribution de la viande.

Le plan d’action souligne que les producteurs sont le seul maillon de la chaîne qui subit un retour sur investissement négatif.

Produire mieux et différemment

Pour mettre fin à cette situation, les experts recommandent de mieux satisfaire les besoins des consommateurs, avec une production durable, trouver une solution aux nombreux bâtiments vides et diminuer les nuisances dans ce pays petit et très peuplé : sur une surface de 42 000 km2 (soit moins que les régions Bretagne et Normandie réunies), le pays compte 17 millions d’habitants et 12 millions de porcs… « Les voisins ne sont jamais bien loin des porcheries », souligne Ruud Peys, l’auteur de l’article (voir encadré).

Autre recommandation majeure des experts : les éleveurs doivent davantage coopérer entre eux, et le temps du « fais ce qu’il te plaît » est révolu. Ils recommandent des actions collectives pour améliorer leurs positions sur les marchés et travailler étroitement avec les partenaires de la filière sur la base de systèmes d’assurance qualité existants tels que Chain Quality System (CQS). « Qualité garantie, diversité, différenciation sont les concepts clés », pour le marché intérieur comme pour l’export, sachant que le pays est autosuffisant à 250…

Enfin, des solutions collectives doivent être trouvées pour gérer le problème du lisier, son traitement et sa valorisation. Le rapport suggère de s’inspirer des solutions trouvées en production avicole.

Pour finir, les experts recommandent de travailler l’image de l’industrie porcine : sécurité sanitaire, méthodes de production innovantes, qualité du porc hollandais devraient être mis en avant au travers de campagnes de communication destinées aux parties prenantes, acheteurs et consommateurs.

Des fonds d’aide aux mutations à venir

Mais ces recommandations n’ont de sens que si la situation financière des éleveurs s’améliore drastiquement, préviennent les experts, annonçant la mise en place d’un « système de revenu équilibré » dans lequel les consommateurs seraient prêts à payer « le juste prix », sans autre précision.

Pour mettre en œuvre ce plan de restructuration, un fonds sera mis en place, alimenté par Rabobank et la POV, association des producteurs de porcs hollandais. Ce fonds sera destiné à financer les changements de méthodes de production. Enfin, les deux organisations vont créer une « société de revitalisation de la production porcine », ouverte aux autres partenaires, qui accompagnera les éleveurs dans leur développement… ou dans l’arrêt de leur activité si elle est jugée sans avenir.

(1) Plan d’action pour revitaliser l’élevage porcin.

" Il y a beaucoup plus à savoir sur les truies, titre ce numéro de la revue Pig Progress.
" Il y a beaucoup plus à savoir sur les truies, titre ce numéro de la revue Pig Progress. - © Pig Progress

Vu dans PigProgress

Pour en savoir plus, un article écrit par la journaliste Ruud Peys est paru dans  une publication de PigProgress (1). Outre l’annonce de ce plan pour l’avenir de la production porcine hollandaise, celui-ci permet de rappeler quelques données essentielles pour comprendre la production porcine des Pays-Bas.

Le cheptel porcin hollandais est relativement stable, avec 12,6 millions de têtes (1,2 million de truies). Mais le nombre d’élevages a considérablement chuté, passant de 14 000 en 2 000 à 5 000 aujourd’hui. En cause, le manque de repreneurs d’exploitations, les enfants d’éleveurs délaissant le secteur. D’autres élevages disparaissent aussi, confrontés aux obstacles à leur modernisation ou à des difficultés financières. Le secteur porcin hollandais emploie plus de 26 000 personnes, réalise une valeur de 8 milliards d’euros dont 5 milliards à l’export.

La filière porcine a mis en place un système de contrôle qualité dans les magasins qui affichent 1, 2 ou 3 étoiles en fonction du bien-être des animaux produits.

(1) Volume 32, N° 6, 2016

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