Réussir porc 22 janvier 2013 à 15h58 | Par D.Poilvet

Odeurs de mâles entiers : les lignées génétiques ne sont pas toutes égales

Gène + a dévoilé les premiers résultats de l’évaluation des risques d’odeur sur les mâles entiers issus du Piétrain Gène+ et de la Youna.

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Michel Sourdioux, directeur Gène+
Michel Sourdioux, directeur Gène+ - © dp

«Aucun maillon de la filière ne peut garantir aujourd'hui le risque zéro d'odeurs sexuelles sur les carcasses", affirme Michel Sourdioux, le nouveau directeur de Gène+. Il y a cependant des schemas genetiques qui s’approchent un peu plus que d’autres de cet objectif. « D’apres une etude realisee a la station de testage du Rheu par l’agence de selection porcine et l’Ifip, les issus du Pietrain Gene + et de la truie Youna presentent un risque de mauvaises odeurs a l’abattoir moins important que la moyenne des autres types de porcs charcutiers presents sur le marche français », affirmait-il le 5 decembre dernier lors du forum Gene+ au Mans. Selon ces resultats, seulement 6 % des issus du croisement Gene+ presentent un risque eleve, et 18 % un risque modere, contre respectivement 17 % et 16 % pour la moyenne.
D’apres une autre etude publiee par l’Inra, le Pietrain est la race la moins a risque de toutes les genetiques utilisees en France. Le Landrace presente un risque important de production de scatol, un compose chimique malodorant produit par la flore bacterienne des males entiers. Le Duroc est plutot a risque pour la production d’androstenone, un steroïde produit par les testicules et stocke dans le gras. Les donnees concernant les lignees sino-europeennes sont meconnues. « Mais les tests realises a la station du Rheu prouvent qu’il n’y a pas de risques d’odeurs plus eleves sur les issus de la Youna », constate-t-il. Cependant, le risque de commercialiser des carcasses presentant des odeurs de verrats est toujours bien reel, et pourrait affecter la consommation de porcs si leur detection a l’abattoir n’est pas maîtrisee. Pour diminuer ce risque, la selection genetique a un role essentiel a jouer. Une selection uniquement sur la voie male est envisageable et permettrait d’eviter des effets negatifs sur les criteres de reproduction des lignees femelles. Les OSP françaises ont engage des simulations avec l’Inra pour evaluer l’efficacite d’une selection indirecte sur la croissance, la teneur en gras ou encore l’age a la puberte, des criteres correles avec les odeurs de verrat. Enfin, la selection a l’aide de marqueurs genetiques constitue certainement une voie d’avenir. Des genes agissant sur la teneur en androstenone et en scatol ont ete detectes sur le porc. Cela sera-t-il suffisant pour produire d’ici 2018 des carcasses de males entiers exemptes d’odeurs de verrats? « Ce qui est sur, c’est qu’en cinq ans, la genetique ne va pas resoudre seule le probleme des odeurs », conclut Michel Sourdioux.

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