Réussir porc 08 janvier 2009 à 13h56 | Par D.Poilvet

Pologne : l'essor des élevages familiaux

Ayant moins subi la collectivisation forcée de l’agriculture que les autres pays de l'ex-bloc communiste, la Pologne compte sur ses petits producteurs pour se construire une filière porcine compétitive.

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Aujourd’hui, la production porcine polonaise est essentiellement assurée par des exploitations de moins de 20 truies. Ces élevages, peu rationnels, sont condamnés à disparaître à plus ou moins longue échéance. Mais, contrairement à la plupart des autres pays de l’Europe de l’Est nouvellement entrés dans l’Union européenne, la Pologne compte sur certains de ces petits éleveurs pour restructurer ses productions agricoles en général, et la production porcine en particulier. Pour comprendre ce paradoxe, il faut savoir qu’à l’époque du communisme, la Pologne a conservé beaucoup de petits producteurs. Ces derniers assuraient 80 % de la production agricole du pays. Les fermes d’Etat ont été relativement peu nombreuses à se développer. Les agriculteurs ont donc gardé un sens important de l’entreprise, même si à cette époque, les possibilités de développement étaient restreintes. Cela a complètement changé du jour au lendemain, dès lors que le pays a basculé dans l’économie de marché. Progressivement, les agriculteurs les plus entreprenants ont développé leur production, aidés en cela par un gouvernement qui voulait à tout prix éviter que la production agricole tombe dans les mains d’investisseurs étrangers. Le phénomène s’est amplifié avec l’entrée du pays dans l’Union européenne, en 2004. Vous trouverez dans ce dossier des éleveurs de porcs dynamiques dont la taille de l’atelier varie entre 80 et 600 truies, avec un point commun : tous ont démarré avec des petites structures d’exploitation. Par ailleurs, ces éleveurs misent également sur l’amélioration de leurs performances techniques. Ils font appel aux fournisseurs de matériel de l’Europe de l’Ouest, et aux génétiques hyperprolifiques pour développer leur productivité. Pen Ar Lan Polska, qui a collaboré à ce dossier, est l’un des principaux leaders de la génétique porcine en Pologne. Par ailleurs, certains ont poussé jusqu’à investir dans l’aval. Wojciech Mroz, connu en France pour avoir été aidé à ses débuts par Jean Floc’h, en est le parfait exemple. Propriétaire en 1980 d’une petite exploitation sous le régime communiste, il est aujourd’hui à la tête d’une filière porcine complète qui exporte ses produits dans plusieurs pays occidentaux. Par la structure de ses élevages, la production porcine traditionnelle polonaise ressemble à celle qui existait en France dans les années 60. Il est probable que son évolution sera beaucoup plus rapide. Mais le modèle d’intégration verticale est également présent, avec quelques entreprises multinationales propriétaires d’abattoirs, qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en porcs de qualité standard. Pour le moment, il y a de la place pour tout le monde, puisqu’il faudra bien remplacer la production des petits éleveurs en voie de disparition et que la consommation interne élevée se maintient.Aujourd’hui, personne ne peut dire à quoi ressemblera la production porcine polonaise de demain. Mais une chose est sûre, c’est que les éleveurs polonais ne sont pas prêts à perdre leur indépendance.

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