Réussir porc 16 mai 2017 à 08h00 | Par Claudine Gérard

Porc bio, nouvelle vague

Face à une demande croissante en viande de porc bio, des élevages se créent ou se convertissent dans cette production, mais avec des modèles de bâtiments et de conduite plus rigoureux, plus techniques que la plupart des élevages bio déjà en place.

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- © C. Gérard

La production de porcs bio reste encore confidentielle : en 2015, l’Agence Bio recensait 395 naissages bio en France – élevages certifiés ou en conversion – pour un total de 9000 truies, soit 0,9 % du cheptel national. C’est peu, mais la demande en porcs bio, comme pour toutes les denrées agricoles, ne cesse d’augmenter d’année en année. Les industriels déplorent la difficulté de trouver en France le porc bio que demande le marché, en particulier les jambons, et faute de "marchandise" nationale, s’approvisionnent chez nos voisins, au Danemark en particulier. Le débouché potentiel est donc là, assorti de prix qui couvrent largement les surcoûts liés au cahier des charges. Il est donc bien légitime que des producteurs de porcs s’intéressent à ce marché rémunérateur et qu’une vague d’installations ou de conversions apparaisse.

Toutefois, le « modèle » des élevages bio que nous avons pu connaître les années passées est en train de changer. Les éleveurs bio s’affichent en entrepreneurs. Ils investissent – parfois beaucoup ! – dans des bâtiments neufs de post-sevrage-engraissement, de naissage, ou récupèrent des bâtiments existants de porcs (ou de vaches laitières). En tant qu’entrepreneurs aussi, ils gèrent leurs marges. Ils analysent leurs performances, leurs coûts de production à l’instar des productions conventionnelles, des données qui faisaient cruellement défaut jusqu’à présent, comme le soulignait Catherine Calvar dans une étude des chambres d’agriculture de Bretagne (1). Enfin, ces éleveurs « nouvelle vague » assurent leur débouché en volume et en valeur au travers des partenariats et/ou des contrats. De quoi rassurer les banquiers qui, il y a encore peu de temps, jugeaient ne pas disposer d’assez d’éléments pour accompagner des projets de production porcine bio. Devant des dossiers à présent plus solides et mesurant l’ampleur de la demande d’aujourd’hui et demain, ils semblent aujourd’hui plus enclins à financer ces projets solides.

(1) Conduite et santé en élevage de porc biologique. Enquête sur les préconisations des techniciens et vétérinaires et sur les pratiques des éleveurs. 2016.

- © Emmanuelle Bordon

Pour en savoir plus

Voir dossier Réussir Porcsd'avril 2017.

Au sommaire :

. p 24 - La FAF et le bâtiment bio optimisent le coût alimentaire - SCEA de Kerlu dans les Côtes-d'Armor

. p. 26 - L'engraissement bio remplace les vaches laitières - Gaec les Villers dans les Deux-Sèvres

. p. 28 - Un bloc naissage neuf pour se convertir au bio - Gaël et Violaine Ouvrard en Vendée

. p. 30 - Il reprend l'élevage familial et le transforme en bio - Florent Isambard en Ille-et-Vilaine

- p. 30 - Le Gouessant engage un développement raisonné et raisonnable de porcs bio.

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