Réussir porc 23 février 2012 à 14h00 | Par D.Poilvet

Porte ouverte SCEA la Ménardière à Bouchamps les Craons en Mayenne - Mise en commun de moyens avec un naissage de 960 truies

Le nais- sage associatif de la Ménardière offre de nouvelles perspectives de développement aux six éleveurs actionnaires, dont les ateliers pris individuellement étaient limités en potentiel de développement.

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De gauche à droite, les éleveurs associés et les salariés de l’élevage : Patrick Herffray, Jérémie Brunet (salarié), Frédéric Rocher, Mickael Marion, Morgane Malle (salariée), Sylvain Jouis (chef d’élevage), Michel Chanet, Mickael Bertin, Alain Philippeau, Christophe Béron.
De gauche à droite, les éleveurs associés et les salariés de l’élevage : Patrick Herffray, Jérémie Brunet (salarié), Frédéric Rocher, Mickael Marion, Morgane Malle (salariée), Sylvain Jouis (chef d’élevage), Michel Chanet, Mickael Bertin, Alain Philippeau, Christophe Béron. - © dp

Éleveurs d’horizons différents, mais avec le même souci de pérenniser leur approvisionnement en porcelets, ils sont six exploitants, ex-naisseurs-engraisseurs ou post-sevreurs engraisseurs, à avoir investi dans le naissage associatif de la Ménardière, à Bouchamps-les-Craons en Mayenne. « Comme deux des autres associés, j’ai converti mon élevage naisseur-engraisseur en post sevrage-engraissement », explique Frédéric Rocher, exploitant à la Selle- Craonnaise, à 6 km du naissage. « Départ à la retraite de mes parents, mise aux normes trop coûteuse, organisation du travail, c’est tout un ensemble de raisons qui m’ont convaincu de déléguer l’activité naissage. » Les autres associés étaient déjà post-sevreurs- engraisseurs. Dans cette région à faible densité porcine, le groupement Porc Armor s’est chargé de fédérer les éleveurs intéressés autour du projet. L’exploitation la plus éloignée est à 40 km de distance. « Nous ne nous connaissions pas à l’origine. Mais l’élaboration du dossier, la mise en commun des compétences et la participation de chacun à la construction du bâtiment ont permis de souder l’équipe. » Les règles de répartition des parts dans la SCEA sont précises. « La part de chacun est proportionnelle à ses besoins en porcelets. » Chaque semaine, les truies devront en produire 500. « Nous avons créé trois salles d’attente detype nurserie pour les répartir d’une semaine à l’autre en fonction des besoins de chaque éleveur. »

MARCHE EN AVANT

Le bâtiment a été conçu pour fonctionner en 20 bandes de 42 truies à la mise bas. Les truies sont réparties sur deux bâtiments, conçus pour respecter une marche en avant. Les cochettes sont réceptionnées par lots de 28 toutes les trois semaines dans une quarantaine située à l’extré- mité d’un premier bâtiment. Pour les loger, deux salles ont été aménagées. Elles sont ensuite transférées dans le local attente-saillie permettant de loger 280 truies jusqu’à l’échographie. Les truies rejoignent par un couloir extérieur le bloc gestante constitué de cases de 7 à 8 places avec bat-flancs.« C’est le système le plus simple à gérer par des salariés », justifie Frédéric Rocher pour expliquer le choix des éleveurs. Le matériau béton a été choisi pour son côté « inusable ». Les façades des cases en tubulaire permettent une meilleure visua- lisation des truies quel que soit

l’endroit de la salle où se trouve l’éleveur. Les maternités sont réparties en quatre salles de 40 places, complétées de deux salles de huit places chacune. Les truies sevrées empruntent un couloir qui donne directe- ment dans le bloc attente-saillie. Les porcelets et les truies de réforme disposent chacun d’un quai d’embarquement spéci- fique. « Grâce à cette conception, nous respectons une marche en avant complète, de l’arrivée des cochettes jusqu’au départ des animaux », souligne Frédéric Rocher.

La ventilation est intégralement centralisée. La salle gestante, séparée des salles maternité par un mur coupe- feu, dispose d’un circuit spéci- fique. L’air rentre au travers d’un cooling dans le comble. Il est diffusé dans la salle par un plafond styro perforé surmonté d’une couche de six centimètres de laine de verre. L’extration est faite par des orifices situés sous le couloir central de la salle. La gaine aboutit à un puit de pompage situé au milieu de la salle. Les éleveurs ont réservé un empla- cement pour installer un lavage d’air si la réglementation envi- ronnementale évolue. L’air des maternités et du bâtiment attente-saillie-quarantaine est également extrait en ventila- tion centralisée sur le même principe.

L’alimentation est intégralement distribuée sous forme de soupe. «C’est le mode de distribution qui permet l’automatisation la plus poussée des tâches et une bonne précision de distribution en maternité », justifie Frédéric Rocher. Au total, l’installation a coûté 1,7 million d’euros, soit 1763 euros par place de truie.« Avec le prix d’aliment actuel(1), le coût de revient prévisionnel du porcelet de 28 jours est de 40 euros », conclut l’éleveur.

(1) décembre 2011

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