Réussir porc 17 mars 2017 à 08h00 | Par Propos recueillis par Claudine Gérard

" Rassemblons-nous ! " - L'appel de Guillaume Roué, président d’Inaporc

Un an après le départ de la Fédération des charcutiers traiteurs de l’interprofession porcine, Guillaume Roué affirme que le contexte – baisse de la consommation, montée en puissance des associations anti élevages – justifie plus que jamais la présence de tous les maillons de la filière au sein d’Inaporc.

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Guillaume Roué : " Si tout ne rentre pas dans l’ordre rapidement, nous devrons évidemment reconsidérer notre participation financière aux travaux de recherche de l'ifip."
Guillaume Roué : " Si tout ne rentre pas dans l’ordre rapidement, nous devrons évidemment reconsidérer notre participation financière aux travaux de recherche de l'ifip." - © C. Gérard

Il y a un an, la Fédération des industriels charcutiers-traiteurs quittait l’interprofession. Rappelez-nous quels en étaient les raisons.

Il s’agissait principalement du sujet de l’étiquetage d’origine des produits transformés. La Fict y était opposée. Elle reprochait aussi à l’interprofession de ne pas suffisamment travailler sur les offres segmentées. Or, concernant l’origine, le ministre de l’agriculture a tranché, imposant une période d’essai de deux ans aux industriels pour afficher l’origine de leurs produits, avec une mise en ½uvre à compter du 1er mars prochain. Il s’agit ni plus ni moins que de répondre à une demande sociétale évidente.

Le départ de la Fict a de facto réduit les ressources d’Inaporc. De combien, et comment gérez-vous cette situation au niveau financier ?

Le budget d’Inaporc est effectivement brutalement passé de 8 millions d’euros à 5,5 millions d’euros. Il faut rappeler le financement de l’interprofession pour comprendre : nos ressources proviennent pour moitié des éleveurs qui cotisent 15 centimes par porc, soit environ 4 millions d’euros. L’autre moitié était apportée par la distribution, sachant que ce sont les entreprises d’aval qui prélèvent 4 euros par tonne sur la viande fraîche et les produits transformés. Sur la viande fraîche, avec 250 000 tonnes, ce prélèvement est de l’ordre de 1 million d’euros. Sur les produits transformés, avec 750 000 tonnes, il était de 3 millions d’euros. Cette somme a donc brutalement cessé d’être prélevée par les industriels de la charcuterie salaison, ce qui nous a donc privés de 3 millions d’euros, soit 35 % de notre budget.

Concrètement, quelles sont les conséquences pour la filière et en particulier pour les éleveurs ?

Globalement, l’Interprofession consacrait chaque année 3 millions à la communication et la promotion du porc auprès du grand public et 1 million à la R & D en finançant l’Ifip pour ses travaux de recherche, développement et innovation. En 2016, l’impact sur la communication ne s’est pas fait sentir puisque les sommes étaient budgétées. L’impact de cette restriction de nos ressources sur la communication sera évidemment fort cette année.

Quant à l’Ifip, son budget de fonctionnement est de 8 millions d’euros par an et notre contribution n’était évidemment pas neutre ! Si tout ne rentre pas dans l’ordre rapidement, nous devrons évidemment reconsidérer notre participation financière aux travaux de recherche qui sont ventilés globalement à raison de 2/3 pour le secteur élevage et 1/3 pour l’aval : les industries d’abattage et de transformation. Il va de soi qu’une réduction de notre participation financière s’appliquerait en toute logique d’abord aux travaux concernant la transformation.

Comment comptez-vous faire revenir la Fict au sein de l’interprofession ?

Nous avons tenu un séminaire en décembre et établi une feuille de route pour l’avenir. Nous avons bien compris que les choses changent : la baisse de consommation de viande fraîche, mais aussi, et c’est nouveau, de produits de charcuterie est très inquiétante. C’est aujourd’hui un vrai challenge que d’endiguer cette chute. Par ailleurs, nous ne pouvons que constater la montée en puissance des associations de défense des animaux, voire d’abolition de l’élevage. De plus en plus nombreuses, ces organisations font aujourd’hui de la surenchère entre elles pour occuper le terrain médiatique.

Compte tenu de ces éléments majeurs, nous avons décidé de réorienter nos travaux sur cinq principaux axes : l’évolution de nos statuts, le travail sur la qualité des produits (adéquation aux attentes des consommateurs), l’appui à l’export, l’innovation et la R & D dans le sens de productions alternatives prenant en compte les attentes en termes de bien-être animal et la modernisation des entreprises de la filière, de l’élevage à la transformation ainsi que le renouvellement des générations.

Nous espérons que la Fict trouve dans cette feuille de route les réponses concrètes à ses attentes et signe son retour au sein de l’interprofession. Le contexte exige plus que jamais une filière rassemblée.

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