Réussir porc 09 juillet 2013 à 08h00 | Par Propos recueillis par Claudine Gérard

« Réussir le changement de génération »

Guy Dartois quitte la présidence de Cooperl. Il invite la jeune génération à rester très professionnelle et à s’impliquer dans les coopératives qui doivent être gérées de manière « bicéphale ».

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Guy Dartois, président de Cooperl depuis 2004, a fait valoir ses droits à la retraite. Entre 1994 et 2004 
il en a été le vice-président, parallèlement à d’autres fonctions. 
Il quitte la présidence de Nucléus mais reste président de France Génétique (regroupant ADN, Gène + et Nucléus).
Guy Dartois, président de Cooperl depuis 2004, a fait valoir ses droits à la retraite. Entre 1994 et 2004 il en a été le vice-président, parallèlement à d’autres fonctions. Il quitte la présidence de Nucléus mais reste président de France Génétique (regroupant ADN, Gène + et Nucléus). - © C. Gérard

. Parmi toutes les actions que vous avez menées, quelles sont les plus marquantes ?


J’en citerai principalement deux. La première est d’avoir pu réussir le « changement de génération ». En peu de temps, de nombreux cadres qui avaient grandi avec la maison partaient en retraite. Il était important de réussir le renouvellement en transmettant la culture d’entreprise. La deuxième est la croissance externe que nous avons pu mener au fil des années : la fusion avec Arca en 2007, l’acquisition de Brocéliande en 2009, de Défi Viande en 2010, et, l’année passée, les boucheries Aurélien. Ces dernières années, les investissements se sont accélérés, passant d’environ 25 millions, à environ 50 millions. L’objectif étant avant tout de gagner en compétitivité, poursuivre l’automatisation.



. Cooperl est connue pour sa stratégie de filière, mais souvent accusée d’être un leader faisant cavalier seul.


Cette stratégie date en effet de l’acquisition de l’abattoir Benijo en 78 qui nous a mis le pied à l’étrier et, progressivement permis de construire une filière complète et solide. Quant au rôle de leader, je veux souligner qu’il ne s’agit pas de risquer une fuite en avant. Le leader est leader au niveau quantitatif par ses volumes qui lui permettent d’écraser des charges fixes. Mais il doit l’être aussi au niveau qualitatif, en allant chercher la valeur ajoutée. Chacun doit être un gestionnaire dynamique de sa propre entreprise. On ne s’isole pas par plaisir, et une alliance doit être réalisée pour développer des synergies autour de projets communs, avec la règle de subsidiarité. Il s’agit de passer à l’échelon supérieur quand on a épuisé les projets. Quant au fait de faire cavalier seul, je peux l’entendre, mais je le comprends mieux de la part de gens qui ont « mouillé le maillot ! »



. Quels conseils donnez-vous aux jeunes éleveurs candidats à des responsabilités au sein des coopératives ?


Tout d’abord d’assurer une dynamique de leurs propres élevages, prouver chez eux qu’ils sont de bons chefs d’entreprise, surtout dans le contexte que nous vivons depuis cinq ans. Il est alors relativement facile d’intégrer le conseil d’administration, ce qui est très passionnant, formateur, intéressant. Mais le deuxième pallier pour accéder à une présidence est plus difficile. Il faut pouvoir se libérer suffisamment pour participer activement à la vie de la structure. Car la réussite passe par cette gouvernance bicéphale entre le directeur et les cadres qui apportent leurs compétences et le président, éleveur, dont le point de vue doit évidemment peser de façon très significative.



. Quel message adressez-vous aux jeunes éleveurs qui sont inquiets ?


J’ai le devoir d’être optimiste. Nous ne nous en sortirons que par nos propres moyens. Les jeunes sont compétents, bien formés. Mais ils doivent prendre conscience que l’heure est à la mondialisation. Ce qui signifie qu’il faut « se bouger », faire sa feuille de route, être hyper professionnel. Et surtout, dans ce contexte et ces exigences, s’inscrire dans son métier, se moderniser, s’organiser, accéder aux meilleures technologies. Il appartient ensuite aux représentants professionnels et au gouvernement de faire le reste !


. Sur ce point, les éleveurs peuvent se sentir lâchés !


C’est en effet une grande amertume pour moi de finir mon mandat dans une crise aussi violente et n’avoir pas pu mettre en musique une partition qui aurait pu unir les politiques et les responsables agricoles. Sur des dossiers aussi majeurs que le dumping social, l’étiquetage, l’environnement, j’ai le sentiment d’assister à un recyclage permanent, à des tours de table qui n’en finissent pas et, au final, des décisions majeures pour l’élevage qui pourraient être prises au niveau national, et qui n’aboutissent toujours pas. Alors qu’il est vital pour tous de faire émerger les priorités, les hiérarchiser, et une bonne fois pour toute, trancher !

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