Réussir porc 05 décembre 2005 à 12h23 | Par Claudine Gérard

Selon des études de l´ITP - Le progrès génétique ne profite pas en totalité aux éleveurs

Depuis 1995, le progrès génétique annuel est de 1,36 euro par porc produit, soit près de 14 euros en dix ans. Cependant, à l´analyse des GTTT-GTE sur la même période, l´amélioration des performances n´a engendré « que » 9,30 euros. Explications des ingénieurs ITP.

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Le progrès génétique de ces dix dernières années ne profite, en moyenne, qu´à hauteur de 67 % aux éleveurs. C´est la conclusion de deux études réalisées par Isabelle Delaunay et Brigitte Badouard, du pôle génétique de l´ITP et présentées au cours du Space(1). Les ingénieurs ont d´abord chiffré l´incidence de la sélection sur les performances des lignées collectives (LW femelle et Landrace pour les lignées maternelles, et Large White mâle et Piétrain pour les lignées paternelles). Depuis 1995, le gain de prolificité des lignées maternelles est de 5,2 porcelets de plus par truie.

Un gain réel plus faible que le gain théorique
Sur cette même période, en lignée mâle(2), la durée d´engraissement a chuté de 7,9 jours, l´indice de consommation a baissé de 0,17 et le TVM a gagné 3,8 points. Se basant sur les références GTE 2004, Isabelle Delaunay calcule que ce progrès génétique représente un gain de 30 ? par truie et par an. Avec 22 porcs produits par truie, la retombée de la génétique serait donc de 1,36 ? par porc chaque année « soit 35 millions ? par an pour la filière française, calcule-t-elle. Bref, notre génétique française est performante, très performante, et la comparaison avec les différents bassins européens nous place quasiment en champions toutes catégories.
Mais la réalité est différente. En effet, l´examen des GTE sur les dix dernières années fait état d´un progrès de 2,1 porcs supplémentaires produits par truie, de 4 jours d´engraissement en moins, d´un indice qui ne baisse que de 0,11 et un TVM qui ne gagne que 0,8 point. Soit un gain plus faible que celui généré par la sélection et qui, en chiffres, n´atteint que 187 ? par truie et par an, soit, pour 20 porcs vendus, 9,30 ? par porc en dix ans. Où est donc passé le progrès génétique ? Les ingénieurs de l´ITP avancent quelques explications.

L´augmentation de la prolificité va de pair avec l´augmentation de la mortalité
Tout d´abord, l´augmentation de la prolificité s´est aussi accompagnée d´un taux de mortalité supérieur. « Sur 100 porcelets nés en plus ces 10 dernières années, 69 seulement ont été sevrés, et 50 ont été vendus. Ce qui signifie que, sur le terrain, l´efficacité du progrès génétique n´est que de 50 % », calcule l´ingénieur. Outre la gestion de l´hyperprolificité, le sanitaire pénalise les résultats. Les pertes en engraissement sont passées de 3,4 à 5 %, soit une augmentation de 47 % en dix ans, notamment en relation avec l´apparition du SDRP (1993) et de la Map (1996). Mais ce qui interpelle davantage les auteurs de l´étude, c´est que, depuis 1998, dans l´échantillon GTE des naisseurs-engraisseurs, les performances en engraissement stagnent : IC et GMQ, se stabilisent aux alentours de 2,95 et 770 g/j respectivement. Pourquoi ? Principalement en raison d´un parc de bâtiments non adaptés aux performances actuelles et à la difficulté de rénover ou d´agrandir. D´où d´inévitables surcharges, de la compétition, le recours au façonnage. Autant de problèmes bien connus qui pénalisent les performances et expliquent une grande partie de cette « déperdition » du progrès génétique.



(1) Rencontres ITP : « La performance génétique porcine : quels retours sur investissement ? »

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