Réussir porc 09 juin 2015 à 08h00 | Par Propos recueillis par Claudine Gérard

Thierry Lambert, président du groupement porc Terrena « Satisfaire les attentes et valoriser nos efforts »

L’objectif du groupement porc de Terrena est de répondre aux différentes attentes des clients et de la société en général, tout en valorisant les efforts des éleveurs. La démarche Nouvelle Agriculture se développe et des aides sont prévues pour les éleveurs.

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Thierry Lambert est éleveur de porcs à Bouillé-Ménard (Maine-et-Loire) et président du groupement porc Terrena.
Thierry Lambert est éleveur de porcs à Bouillé-Ménard (Maine-et-Loire) et président du groupement porc Terrena. - © C. Gérard

Vous annoncez un plan de deux millions d’euros sur cinq ans pour accompagner les éleveurs dans leurs investissements. Sous quelles conditions ?

Nous souhaitons via ces aides compléter les aides régionales qui sont annoncées et aider les producteurs à améliorer leurs pratiques en termes de biosécurité et de bien-être animal acceptable et rentable qui sont des axes de notre plan de progrès.

Plus précisément, quels critères devront-ils remplir au-delà des obligations légales en vigueur ?

Concernant le bien-être, une étudiante en école d’ingénieur a effectué un stage partagé avec l’association de défense des animaux, le CIWF. Nous avons considéré qu’il était intéressant de travailler en collaboration avec ce type d’association. Le travail réalisé pendant six mois auprès d’une quarantaine d’élevages a consisté à identifier les indicateurs du bien-être des porcs. Les résultats seront présentés au cours des prochaines Terrenales, fin mai. Nous pouvons déjà citer quelques-unes des pistes de progrès qui seront des critères d’attribution des aides que nous apporterons : des abreuvoirs en engraissement, davantage de surface par porc, des quais dignes de ce nom, sachant qu’une bonne préparation des porcs est aussi synonyme de meilleure qualité de la viande à l’arrivée. Donc de progrès pour toute la filière.

Et des sujets tels que les coupes de queue, le meulage des dents, la castration ?

Nous avons testé en élevage l’arrêt de la castration et considérons que nous sommes prêts si nos clients acceptent les mâles entiers, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Nous sommes allés voir ce qui pouvait se faire à l’étranger, et différents sujets font partie des tests que nous réalisons chez nos « éleveurs sentinelles », qui sont aujourd’hui une trentaine à tester "grandeur nature" de nouvelles techniques.

Vous avez lancé il y a plus d’un an le « Porc Nouvelle Agriculture ". Où en est aujourd’hui cette démarche ?

Ce partenariat avec Système U nous a permis de passer de 1 000 porcs par semaine à 1 700 en fin d’année 2014 et prévoyons 4 000 à 5 000 porcs par semaine fin 2017. L’objectif est aujourd’hui de valoriser le maximum de pièces afin que chaque maillon y retrouve une plus-value. Ce Porc Nouvelle Agriculture répond au concept global développé par le groupe Terrena, à savoir une Agriculture Écologiquement Intensive (AEI).

De quel ordre est la plus-value pour les éleveurs ?

Aujourd’hui elle est de 10 centimes par kilo de carcasse. Elle doit couvrir une partie des contraintes que nous avons mises en place pour ce type de porc : une alimentation sans OGM, avec de la graine de lin, sans soja en engraissement, avec des céréales issues du territoire… Nous continuons à travailler dans le cadre de notre plan de progrès pour satisfaire encore davantage la demande de nos clients, en anticipant et à travers une démarche volontariste. Mais sans jamais oublier la rentabilité nécessaire pour les producteurs.

Le rapprochement de la CAM avec Terrena est annoncé. Où en êtes-vous ?

Au 1er janvier 2016, le groupement porc de la CAM deviendra une section autonome du groupement porc de Terrena, à l’image de ce qui a été réalisé en viande bovine et qui, je pense, s’étendra aussi à la volaille, voire à l’aliment.

Le groupement Cap50 entrera aussi dans l’organisation ?

Il le fera avant puisqu’il est prévu une fusion avec la CAM prochainement. Au final, notre organisation allant de la Normandie aux Pays de la Loire produira environ 900 000 porcs charcutiers. De quoi compter dans une production porcine à laquelle nous croyons résolument sous réserve d’innover au service de la qualité. Ce qui justifie nos récentes démarches et les décisions du conseil d’administration.

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