Réussir porc 18 mars 2003 à 17h53 | Par Dominique Poilvet

Traitement biologique du lisier - Carbofil abat 70 % de l´azote en cinq jours

Récemment validé par l´agence de l´eau Bretagne-Pays de la Loire, Carbofil est un procédé biologique de traitement du lisier de concept original. Celui-ci permet d´abattre 70 % de l´azote en 5 jours, contre 40 jours au minimum pour les procédés classiques.

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En avril 2001, les concepteurs de Carbofil (Saint-Mars la Jaille, Loire-Atlantique), un procédé pilote mis en place au Lycée Agricole de Caulnes (22), présentaient un nouveau traitement biologique qui nécessitait un réacteur nettement moins volumineux et moins gourmand en énergie que les procédés existants (1). Aujourd´hui, Carbofil est validé par l´agence de l´eau Bretagne-Pays de la Loire. Quatre installations fonctionnent dans des élevages de porcs. « L´entreprise se positionne comme un équipementier, et non comme un assembleur », précise Michel Forgeot, directeur commercial. Un message qui s´adresse essentiellement aux systèmes déjà en place sur le marché du traitement de lisier.

Le procédé
Le réacteur installé au Lycée agricole de Caulnes a un volume de 100 m3 et une hauteur de 6 m, pour une capacité de traitement quotidien de 20 m3 de lisier. Il ne nécessite que 10 à 12 Kwatt par m3 de lisier traité, en tenant compte de l´ensemble des opérations (du prélèvement du lisier brut jusqu´au pompage des boues et du liquide surnageant dans la fosse de décantation). « Cette faible consommation d´énergie et le temps réduit pour résorber l´azote s´explique par le procédé d´oxygénation très performant. », explique Alain Boulant, créateur du réacteur Carbofil.



Les points forts
 Le procédé d´oxygénation évite la formation de mousse. L´aspiration créée au niveau de l´hélice de pompage permet de noyer les mousses.
 L´installation fonctionne de manière totalement automatisée. «Les seuls réglages sont ceux de la pompe d´alimentation du lisier brut et de la pompe de recirculation réacteur/cuve d´anoxie, à faire lors de la mise en service».
 Pour avoir une possibilité de déplacer ou de remplacer l´installation, l´entreprise propose une cuve en résine à la place du béton. Les équipements intérieurs (entonnoir, cheminée, hélice) sont en inox.
 «Le procédé peut fonctionner indifféremment avec du lisier brut ou du lisier préalablement tamisé. Mais il est possible que le temps de présence réduit du lisier dans le réacteur permette une séparation de phase après traitement, ce qui est difficilement réalisable avec les procédés classiques», affirme A. Boulant.
 Les faibles besoins énergétiques diminuent fortement les coûts de fonctionnement. Carbofil annonce un coût de fonctionnement très réduit, de l´ordre de 0,46 ?/ m3 traité. Le montant de l´investissement initial est très variable en fonction des installations déjà existantes, et de la quantité à traiter.
©D. Poilvet


©D. Poilvet


Ce qui a changé
Le réacteur est uniquement destiné à aérer le lisier. L´oxygénation permanente permet de réaliser la phase de nitrification. Le procédé est piloté uniquement par une sonde qui mesure le taux d´oxygène présent dans le lisier. Si celui ci dépasse 0,8 mg/litre, le débit d´injection d´oxygène diminue. « Cette régulation n´est mise en place que pour économiser de l´énergie », précise Alain Boulant. La phase de dénitrification se fait dans une seconde fosse, en milieu anaérobie. Le lisier brut y est introduit par petites quantités et homogénéisé avec un brasseur. « La zone d´anoxie est donc riche en carbone, apporté par l´effluent brut. C´est un élément favorable pour le bon développement des bactéries hétérotrophes responsables de la dénitrification ». Une pompe envoie régulièrement du lisier depuis la zone d´anoxie jusque dans le réacteur. Dans le même temps, une quantité identique est retournée du réacteur vers la zone de dénitrification. Le lisier traité est prélevé par trop plein dans le réacteur, puis envoyé vers une fosse de décantation qui sépare les boues du liquide surnageant.

(1) Réussir Porcs avait, à l´époque, réalisé un article présentant ce nouveau procédé et le site pilote de Caulnes (Réussir Porcs, avril 2001, p. 48).

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