Réussir porc 24 septembre 2013 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Une première méthanisation 100 % lisier dans l'Ain

A la SCEA La Richardière à Domsure dans l'Ain, Christine et Benoît Drouilhet ont investi dans une unité de méthanisation qui fonctionne uniquement à partir du lisier frais produit sur leur exploitation de 400 truies naisseur-engraisseur.

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Le réacteur de 600 m3 de la SCEA La Richardière a été construit à l'emplacement d'une ancienne fosse à lisier, au milieu des bâtiments d'élevage.
Le réacteur de 600 m3 de la SCEA La Richardière a été construit à l'emplacement d'une ancienne fosse à lisier, au milieu des bâtiments d'élevage. - © Bio4Gas

« Une méthanisation qui fonctionne uniquement à partir du lisier de porc, c'est techniquement et économiquement possible », affirmait Olivier Rebaud, un jeune entrepreneur à la tête de la société Bio4gas, lors du Space 2012 durant lequel il avait reçu un Innov'Space pour le procédé de méthanisation Bert. Cette technologie mise au point par des chercheurs autrichiens devait assurer cette rentabilité en limitant les investissements tout en permettant une dégradation optimale du digestat.
Un an après, un premier élevage français vient de démarrer la production d'électricité et d'eau chaude à partir d'un réacteur utilisant cette technique. Christine et Benoît Drouilhet, éleveurs à Domsure dans l'Ain, ont investi dans une unité Bio4gas de 50 kW électriques. « Nous voulions un système simple, pouvant fonctionner sans apport de produits extérieurs, et capable d'assurer notre autonomie en chauffage », explique Benoît Drouilhet. Le gros avantage de l'élevage est de pouvoir approvisionner le réacteur en lisier frais, grâce à des systèmes de « chasse d'eau » installés dans les bâtiments. « Le lisier frais est nettement plus méthanogène que du lisier stocké plusieurs semaines dans des fosses », rappelle l'éleveur. Au total, l'élevage fournira 10 500 m3 de lisier par an. « Pour limiter le coût, nous avons utilisé les installations existantes, ce qui a limité les investissements au digesteur de 600 m3, et à un local pour abriter le co-générateur. »

Le co-générateur qui transforme
le biogaz en électricité et en 
chaleur est logé dans un container 
à proximité du biodigesteur.
Le co-générateur qui transforme le biogaz en électricité et en chaleur est logé dans un container à proximité du biodigesteur. - © D. Poilvet

Un investissement subventionné à 30 %

Le coût de l'installation a été de 480 000 EUR, subventionné à 30 % par la région Rhône-Alpes et l'Ademe qui a validé l'intérêt économique de l'installation. « La durée du retour sur investissements n'est que de six ans », affirme Olivier Rebaud. Avec un taux de valorisation énergétique de 62 %, les recettes liées à la vente de l'électricité devraient atteindre 65 000 euros. Par ailleurs, l'éleveur économise 12 000 EUR de chauffage par an sur son exploitation. Une économie d'un montant identique aux charges de maintenance du réacteur. La simplicité de l'installation devrait limiter le temps de travail à dix minutes par jour. « Au final, l'excédent brut d'exploitation sera de 55 000 EUR par an. »

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